Gloire lui soit rendue! Joseph Alois Ratzinger vient de donner un signe fort de modernité et de simplicité. Il renonce à faire semblant d'exercer sa charge. Il a vu sombrer Jean-Paul II, l'a assisté pendant son déclin physique. Il ne veut pas ressembler à ce qu'il a vu. Il a une trop haute idée de sa charge, et une juste idée de l'homme. Certes, les réactionnaires sortent du bois: le cardinal Stanislaw Dziwisz, secrétaire personnel de Jean Paul II, a émis une critique :« Wojtyla est resté, il avait compris que l’on ne descend pas de la croix ». L'image est belle, mais il ne faut pas oublier qu'un légionnaire, d'un coup de lance, aida le Christ a s'élever, Lui évita une éventuelle marche arrière. De nos jours, les coups de pouce, les coups de lance sont interdits. Le monde est en transformation, les dirigeants, les responsables se doivent d'être aux manettes, pas au lit. Souvenons-nous des dernières années émollientes des présidences Chirac et Mitterand. Souvenons-nous des dix dernières années de Franco n'ayant plus toute sa tête, entouré de courtisans, alors que l'Espagne s'impatientait de rentrer dans la modernité. De même pour Tito dont on retardait artificiellement la mort, alors que la Yougoslavie attendait d'éclater. Et Pétain, le maréchal Pétain nommé à la tête de l’État à 85 ans quand nos pleutres
politiciens n'en voulaient plus, le brave Pétain de Verdun, devenu
tellement brave qu'il ne refusa rien à Hitler. "La vieillesse est un
naufrage" dira De Gaulle. Pourquoi Benoit XVI serait-il protégé de ce naufrage par l'Esprit Saint? Le Christ donna à Pierre le pouvoir de lier et de délier. Ainsi soit-il.
MM. Pierre Rentchnick et Pierre
Accoce ont publié en 1978 un ouvrage qui fit sensation "Ces malades qui nous gouvernent". Ils rappelaient les pathologies qui ont affaibli les dirigeants dans des moments critiques. Les Français se souviennent du calvaire des derniers mois de Georges Pompidou, atteint de la maladie de
Waldenstrom (cancer). Mais qui se souvient de la maladie de Chamberlain et de ses dramatiques conséquences devant Hitler à Munich? Et de Roosevelt, dont la tension montait à 30 lors de la conférence de Yalta, alors qu'il se partageait le monde avec Staline? N'est-ce pas trahir son peuple et ses électeurs que de s'accrocher à son pouvoir dans ces moments cruciaux? Qu'importe le courage qu'ils affichent et les souffrances qu'ils endurent s'ils remplissent mal les fonctions qui leur ont été assignées! Les peuples veulent des chefs qui ont des visions, et non des héros, des ego qui se mettent en avant.
Le livre cite de nombreux exemples, Salazar, Mao, Khrouchtchev, Brejnev, Pie XII, Staline, Nixon. Il rappelle John F. Kennedy, atteint depuis son enfance de la maladie d'Addison (maladie des glandes surrénales) qui l'obligeait à prendre des doses massives de médicaments. Il passait la moitié de ses journées couché, à
l’époque même où Khrouchtchev installait les fusées soviétiques à Cuba.
Aujourd'hui encore, deux leaders politiques de premier plan en Amérique du Sud, le Président Hugo Chavez
et le leader cubain historique, Fidel Castro sont trop affaiblis pour diriger. Tant qu'ils seront vivants, aucune réforme pourtant vitale pour leur pays ne pourra être envisagée. Même leur ombre fait encore peur!
Le pouvoir divin des rois de France leur était donné lors du sacre. Le 4 novembre 1380, le roi Charles VI est sacré à Reims, à l'âge de douze ans. Le 5 août 1392, il est déclaré officiellement fou lorsqu'il tua six chevaliers qui étaient ses compagnons, avant d'être maitrisé. Son règne dura 42 ans, jusqu'en 1422, dont trente ans de folie, tandis que les Anglais ravageaient les campagnes de France. Un tiers de la guerre de Cent Ans avec un roi fou au pouvoir, parce qu'il était sacré. Gloire soit rendue à Benoit XVI !
Pour le plaisir, Musset (tristesse), puis Baudelaire (l'horloge):
Pour le plaisir, Musset (tristesse), puis Baudelaire (l'horloge):
J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté ;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie
Et mes amis et ma gaîté ;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
