Violences

Les agitations de l'ancien gouvernement ne sont plus de mise, en témoigne la sérénité du pays après les violences qui ont frappé des innocents cette semaine, deux gendarmes à Collobrières, un élève à Rennes. Le nouveau gouvernement s'emploie à apaiser les passions et la population. Il n'y aura pas de nouvelles lois pour réprimer, ni des médias pour exciter le peuple et dénoncer le laxisme de certains juges, qui ne descendront plus dans la rue conforter leur infaillibilité au nom de leur indépendance. Merci à l'homme normal qui a ramené l'équanimité. Il peut sautiller comme un cabri sur sa chaise en criant "croissance, croissance", (que les industriels ne l'imitent-ils pas, plutôt que de fermer les usines!) pendant que les ministres sont sur le terrain. Manuel Valls, qui n'arrive pas à fermer la veste de ses costumes trop petits, rassure les gendarmes: c'est la République qui pleure. Il décore le cercueil de l'adjudant Champion de la Légion d'Honneur, traditionnellement réservée aux officiers. De Gaulle refusait cette décoration aux morts, rappelant qu'elle était destinée aux vivants. Oui mais la Gauche plus humaine fait toujours mieux. Le ministre de l’Éducation nationale se rend à Rennes après la mort d'un lycéen de 13 ans, tué dans une cour de récréation par un mineur de 16 ans. Il exprime "la solidarité, l'affliction" du gouvernement et du Président de la République. "Je suis très impressionné par la force d'âme" et "l'intelligence humaine de l'équipe éducative". Il est assurément venu rassurer la communauté éducative qui lui a apporté tant de voix. Il s’intéressera plus tard à la famille de la victime. Le procureur de la République, placide,  est dans le ton actuel: il rappelle la "brièveté de la scène", le tueur "est accablé", "les deux garçons n'étaient pas connus des services de police". Dans le registre de la vacuité, on a rarement fait mieux. Et les médias heureux de l'alternance ou groggy par la toute nouvelle puissance PS sur l'hexagone ne sont plus inquisitoriaux. Après avoir loué les "minorités visibles", la parité et la diversité du nouveau gouvernement aux "couleurs de la France", la presse s'est montrée peu diserte sur les tueurs Abdallah et Souleymane. Le premier multirécidiviste, incarcéré de mai 2005 à septembre 2011 pour des faits de violences contre des policiers ou de trafic de stupéfiants, venait de comparaître le 13 juin devant le tribunal correctionnel de Toulon pour une violente agression contre sa mère. Il fut libéré malgré la condamnation car le nouveau gouvernement est contre la peine plancher. Cela explique le silence radio. Et que penser d'un jeune Tchétchène de 16 ans qui se bat contre un petit de 13 ans, qui après l'avoir dominé aux poings l'achève en l'étranglant au vu et au su des élèves et surveillants de l'école? Ses parents étaient récemment arrivés en France en tant que réfugiés politiques, comme beaucoup le font depuis l’extension de la zone Schengen à la Pologne. Aucun commentaire dans la presse à nouveau. 
Mais le plus étrange est la mort des deux gendarmes en patrouille de nuit, deux femmes armées dont une se fait subtiliser son arme et l'autre part en courant. Devant un tel drame, la pudeur interdit tout questionnement les premiers jours. Mais le débat est ouvert quand le ministre Valls tient "à saluer l'efficacité de l'ensemble des unités de gendarmerie". Et le général Jacques Mignaux commandant la gendarmerie n'aurait pas dû déclarer: "les deux gradées disparues étaient des professionnelles expérimentées et deux hommes auraient pu être surpris de la même manière". Si la Gendarmerie ne fait pas de différence entre hommes et femmes, pourquoi n'y a t-il pas de femmes dans les escadrons de Gendarmes Mobiles? Il n'est pas question de faire un procès à la condition féminine, mais tout de même, deux femmes armées contre un seul homme aux mains nues? Que faut-il faire pour que la force reste à la loi, sans vexer les tenants de la parité?