Quelle joie pour le Premier ministre belge Elio di Rupo! Ses amis socialistes français ont triomphé. Elio et François ont les mêmes rêves humanistes, et désirs de fraternité. Le devenir de l'homme, le bonheur! Celui des sociétés, la justice! Ils veulent rassembler. Nécessaire pour conserver son fauteuil! Elio est francophone et socialiste, à la tête d'un pays néerlandophone et libéral. Plus il veut rassembler autour de ses projets de gauche, plus la vague séparatiste enfle dans le Nord: plus de 50% d'après les derniers sondages. De même pour FH, plus il appliquera ses promesses d'ouverture aux étrangers, en cela bien aidé par sa ministre Taubira, plus le parti de Le Pen croîtra, et l'argument du parti anti-républicain fera bientôt long feu. C'est le lot des rassembleurs qui mettent de la sauce gaucho sur tout ce qu'ils touchent. Il nous avait promis de ne plus diviser, l'homme normal, et il commence très fort en Afghanistan. La France compte encore quelque 3400 soldats et 150 gendarmes sur le terrain. Les "troupes combattantes" françaises, environ 2000 hommes, seront rapatriées en fin d'année. Les quinze cents soldats restants, planqués ou gonfleurs d'hélice sûrement, apprécieront. Ils auront à leur charge les milliers de tonnes de matériel de guerre restant, mais sans combattre: eux sont des soldats de la paix. Prions qu'il n'y ait pas de morts en Afghanistan en 2013, car il n'est pas sûr que les Talibans fassent la différence entre combattants et formateurs si la tenue est identique.
Question justice sociale, les Belges viennent de dégainer avant les Français. Le ministre socialiste des entreprises publiques, Paul Magnette, veut plafonner le salaire des patrons des sociétés publiques, telles Belgacom, Bpost, l'ancienne Dexia... Le Premier ministre Ayrault a assuré que la limitation des salaires des patrons des entreprises publiques, promise par François Hollande, interviendrait "vite" (Le Monde). Magnifique sujet démagogique qui permet de mettre avec soi le peuple à peu de frais. Il est vrai qu'il faut remettre de la morale et ces dernières années, les dérapages ont jeté l'opprobre sur cette caste d'happy few, même s'ils sont révocables ad nutum: stocks options, parachute doré, retraite chapeau se cumulant. A la fin des fins, la Bourse s'est effondrée, les grands patrons gagnent toujours autant. Mais moraliser, réguler, sont des verbes inconnus des socialistes: maximum 290 000 € par an brut, voilà la sauce gaucho de Paul Magnette, ou à peu près le salaire du Premier ministre (que convoitait aussi l'ex-Président Sarkozy, mais on ne le lui a pas pardonné). Le ministre Magnette devra revoir sa copie, il parle ce soir de modulation, sans toutefois renoncer à étendre sa réforme au secteur privé. La modulation est pourtant évidente, selon que le secteur est concurrentiel ou non, selon la taille de l'entreprise, les prestations fournies... Le secteur public sera-t-il demain le parent pauvre du secteur privé? En attendant, le patron de Belgacom gagnera demain 8 fois moins, et sûrement moins que ses collaborateurs. De même, pour les ministres de François Hollande qui auront des rétributions inférieures à celles des députés, à moins que nous ne sachions pas tout! Au nom de l'exemple: du grand n'importe quoi pour les folliculaires. Steve Jobs n'avait pas de salaire et était milliardaire...
Retenons la phrase de Jean-Louis Trintignant, ce soir en clôture du festival de Cannes: "Et si on essayait d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple?". Cet immense acteur citait Jacques Prévert. Voilà un vrai exemple pour la jeunesse.