Le Premier ministre David Cameron vient d'être reçu en grande pompe par le président américain, preuve de l'importance de la relation entre les deux pays, au moment où la politique américaine est de plus en plus tournée vers la région Asie-Pacifique, et subit quelques revers en Afghanistan. Afin de renforcer les relations et de créer des rapports plus intimes, Barak Obama a accueilli son hôte à bord de son Air Force One, fait rarissime, pour se rendre dans l'Ohio voir un match de basket. Dans la plus grande décontraction et sans protocole, il l'initia à son sport favori. Il en allait autrement il y a cinquante ans. O tempora, o mores!
La nuit du 20 avril 1961, quatre généraux français déclenchent le putsch d'Alger, dans un effort désespéré pour maintenir l'Algérie française. Ce même jour, à Paris, le Président Charles De Gaulle reçoit en visite officielle le Président du Sénégal Léopold Ségar Senghor. Afin de renforcer les relations et de créer des rapports plus intimes, de Gaulle invite son hôte dans la loge présidentielle de la Comédie française, en grande tenue. On joue Britannicus, de Racine, où la passion du pouvoir l'emporte sur les autres passions. Les deux présidents communient par la pensée, ce sont deux hommes de culture, et tandis qu'Agrippine dit à Albine "de quel nom cependant pouvons-nous appeler l'attentat que le jour vient de nous révéler", la conjuration est en marche à Alger.
Pierre Schoendoerffer vient de nous quitter, quelques mois après son ami Larteguy: les derniers témoins d'un monde disparu, qui ont connu la fin des empires coloniaux, les douleurs des populations trahies par les politiciens, les états d'âme des combattants. Avant d'être cinéaste, Pierre fut photographe aux armées et vécut la guerre d'Indochine au sein du prestigieux 1er régiment de chasseurs parachutistes, une caméra à la main. Fait prisonnier à Dien Bien Phu, il éprouva la défaite et la capture, l'humiliation et l'héroïsme, la souffrance et la mort de tant de frères d'armes, puis la libération et le retour dans une société qui les ignorait. Aussi, ce n'est pas la guerre qu'il décrira dans son film la 317° section, primé au festival de Cannes, mais le tragique destin de soldats abandonnés, d'hommes perdus dans la guerre, qui n'ont pour seuls bagages que l'honneur et la fidélité. Il n'oubliera jamais tous ses amis perdus et son profond humanisme ne masquera pas entièrement son exaltation de la mystique de la guerre. Il leur consacrera plusieurs autres films, dont un peu connu, "la sentinelle du matin", tourné sur la base aérienne de Luxeuil. C'est l'occasion de rendre hommage aux capitaines Yves Baudouin et Pierre Gravelle, morts aux commandes de leurs Mirage IIIE, chargés de filmer les images d'un vol en patrouille en très basse altitude par très mauvais temps. Ce 18 mars, la base des nuages masquait un petit bout de colline, au grand désespoir, à la grande tristesse de Pierre Schoendoerffer...
La nuit du 20 avril 1961, quatre généraux français déclenchent le putsch d'Alger, dans un effort désespéré pour maintenir l'Algérie française. Ce même jour, à Paris, le Président Charles De Gaulle reçoit en visite officielle le Président du Sénégal Léopold Ségar Senghor. Afin de renforcer les relations et de créer des rapports plus intimes, de Gaulle invite son hôte dans la loge présidentielle de la Comédie française, en grande tenue. On joue Britannicus, de Racine, où la passion du pouvoir l'emporte sur les autres passions. Les deux présidents communient par la pensée, ce sont deux hommes de culture, et tandis qu'Agrippine dit à Albine "de quel nom cependant pouvons-nous appeler l'attentat que le jour vient de nous révéler", la conjuration est en marche à Alger.
Pierre Schoendoerffer vient de nous quitter, quelques mois après son ami Larteguy: les derniers témoins d'un monde disparu, qui ont connu la fin des empires coloniaux, les douleurs des populations trahies par les politiciens, les états d'âme des combattants. Avant d'être cinéaste, Pierre fut photographe aux armées et vécut la guerre d'Indochine au sein du prestigieux 1er régiment de chasseurs parachutistes, une caméra à la main. Fait prisonnier à Dien Bien Phu, il éprouva la défaite et la capture, l'humiliation et l'héroïsme, la souffrance et la mort de tant de frères d'armes, puis la libération et le retour dans une société qui les ignorait. Aussi, ce n'est pas la guerre qu'il décrira dans son film la 317° section, primé au festival de Cannes, mais le tragique destin de soldats abandonnés, d'hommes perdus dans la guerre, qui n'ont pour seuls bagages que l'honneur et la fidélité. Il n'oubliera jamais tous ses amis perdus et son profond humanisme ne masquera pas entièrement son exaltation de la mystique de la guerre. Il leur consacrera plusieurs autres films, dont un peu connu, "la sentinelle du matin", tourné sur la base aérienne de Luxeuil. C'est l'occasion de rendre hommage aux capitaines Yves Baudouin et Pierre Gravelle, morts aux commandes de leurs Mirage IIIE, chargés de filmer les images d'un vol en patrouille en très basse altitude par très mauvais temps. Ce 18 mars, la base des nuages masquait un petit bout de colline, au grand désespoir, à la grande tristesse de Pierre Schoendoerffer...
Jaurès disait que la patrie est ce qui reste à ceux qui n'ont plus rien, ne se doutant pas que la patrie pouvait être indifférente. Pour les soldats des causes perdues qu'a accompagnés Pierre Schoendoerffer, seuls l'honneur et l'esprit de sacrifice pouvaient masquer l'amertume. Il est un des rares à avoir vécu, ressenti, écrit, filmé la grandeur et servitude du métier des armes, vivant au milieu des soldats pour en saisir l'essence, acteur et reporter à la fois, si loin des actuels pieds nickelés en recherche de scoop, aux idées préconçues, qui envahissent nos écrans lorsqu'ils sont faits prisonniers, assurés d'un soutien planétaire. O tempora, o mores!
Adieu Pierre, l'homme d'honneur, qui savait que la vie ne vaut que par l’aventure qu’elle procure. Adieu l'ami.
