Exiler Yann Galut

La moutarde monte au nez de votre blogueur quand il apprend qu'un pitoyable député, nommé Yann Galut, veut déchoir les exilés fiscaux de la nationalité française. Le blogueur est en effet expatrié et non exilé (qui sous-tend l'idée de contrainte), tout comme 2,2 millions de Français qui vivent hors de France. Si une infime minorité, de l'ordre de 3 à 4.000 le sont pour des raisons fiscales, soit 0,2%, toute une population est stigmatisée, ce que s'était interdit le nouveau Président. Son amour des "riches" est bien connu, et ses nervis donnent de la voix, s'étonnent que le désamour soit partagé. Toutes les adresses officielles, les conférences de presse sont filmées devant un drapeau européen et il serait interdit d'aller vivre dans un des pays de la communauté! Nous sommes en de bien tristes mains. Quelle image donnons-nous aux Européens!
Sans vouloir défendre l'inénarrable Gérard Depardieu, dont nous nous soucions de la fortune et du devenir comme d'une guigne, on peut comprendre qu'il soit tracassé non par sa situation financière mais par ses flux de trésorerie. Sachant qu'il s'était acheté il y a 20 ans un hôtel particulier à Saint-Germain-des-Près qui est estimé aujourd'hui entre 40 et 50 millions d'euros, au taux d'ISF de 1,8%, il en paye plus de 700 000€ par an. En rajoutant les différentes taxes foncières, communales, d'habitation et autres babioles, il paye au moins 1 million d'euros de charges fixes diverses. Cet homme étant généreux et bon vivant doit dépenser de l'ordre de 400 000 € par an (1000€ par jour). Au taux de 75% (temporaire) décrété par le président normal, il lui faut gagner 2 600 000 € par an pour être à zéro en fin d'année. Certes, son sort est enviable pour un quidam, mais avec un tel pactole annuel, il ne s'enrichit pas et peut considérer ce prélèvement de 85% confiscatoire. Il aurait trouvé supportable cette saignée si par ailleurs il n'était montré du doigt en tant que riche et pire, pro-sarko. S'il n'y avait cette ambiance délétère, cet esprit revanchard et envieux exacerbé par les nouveaux Robespierre qui veulent nationaliser, réquisitionner, contre toute logique et pour un nouvel ordre mondial, le leur. Tel J.F. Copé qui s'arroge tout un parti pour quelques prétendues voix d'avance, F. Hollande et ses séides s'approprient 100% d'une population, alors qu'ils ont été élus avec 51,6% des votants, soit 39,08% des inscrits ou 27% de la population recensée, sans aucun égard pour les 73% restants. A quand la nationalisation des richesses des riches?
Revenons au député socialiste du Cher, l'avocat Yann Galut qui s'engageait à 15 ans, en 1981, dans la campagne présidentielle de F. Mitterrand. Il avait une forte conscience politique, avant d'avoir une conscience d'adulte. Avocat de SOS racisme, il défendra en 1996 les étrangers en situation irrégulière de l'église Saint-Bernard, qu'il contribuera à faire libérer. C'est dire si pour lui, l'humain l'emporte sur la nationalité! On naturalise les étrangers pauvres qui arrivent clandestinement et on dénaturalise les Français riches qui s'expatrient au grand jour. Ahurissant! Certes, il regrette déjà ses propos d'hier, considérant que le retrait de la nationalité pour les expatriés/exilés étaient peu réalistes. "Ma proposition de déchéance, c'est un coup de colère. J'étais dans ma circonscription ce week-end et j'ai rencontré des gens qui n'en peuvent plus. J'ai voulu faire un choc dans l'opinion", a-t-il expliqué (Le Monde). Choc réussi, et buzz aussi! Mais peu glorieux pour un avocat. Ce qu'il y a de plus grave, c'est le support d'une partie de la gauche, et le silence de la droite devant de telles énormités, mais elle est en lambeaux.
Au XX° siècle, seuls Pétain et Hitler ont osé déchoir leur concitoyens de leur nationalité. La soviétisation est en marche, les sectateurs du président pas si normal excitent les sans-culottes tandis que l'opposition continue à se déchirer. Les députés disent n'importe quoi en toute impunité, les hommes politiques ne tiennent pas leur parole et accusent L. Mittal de ne pas en avoir. On va ainsi marcher sur la tête jusqu'à quand? Et si on exilait les fauteurs de troubles, et Yann Galut en premier?
Rappelons-nous les critiques d'André Gide à son retour d'URSS devant le manque de liberté: "Car l’embêtant pour Athalie, c’est que c’est toujours Eliacin, l’embêtant pour Hérode, c’est que c’est toujours la Sainte Famille qui s’échappe".

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