Au cours de son voyage à Alger, notre Président de la République s'est rendu place Maurice Audin, au centre d'Alger, en hommage à Maurice Audin, communiste français présumé membre du front de libération nationale (FLN) et mort pendant la bataille d'Alger après avoir été capturé et torturé par les troupes parachutistes. Sa veuve demande encore et toujours des comptes à l’État français qui a promis de lui ouvrir toutes les archives. Pour la presse communiste, il ne s’agit pas d’un Européen qui aurait "aidé les Algériens".
Maurice Audin n’était pas extérieur à ce peuple, il était un Algérien. Il en a de la chance, contrairement au million de pieds-noirs présents depuis plus de cinq générations qui durent quitter leur pays pour raison ethnique. Dans son discours aux assemblées algériennes, notre Président a sans surprise fustigé la colonisation sans un seul mot pour le million de déracinés, "la valise ou le cercueil", le massacre des harkis... C'est une caution qu'il devait au peuple de gauche et surtout aux communistes. Aussi, il est opportun de rappeler aux purs et durs de ce régime ce qu'écrivait leur illustre pionnier Friedrich Engels, meilleur ami et complice de Marx, quand il était correspondant à Paris pour
le journal anglais Nothern Star, vol. XI, 20 janvier 1848, n° 535, p. 7:
"En somme, à notre avis, c'est très heureux que ce chef arabe (Abd-el-Kader) ait été capturé. La lutte des bédouins était sans espoir et bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaud ont mené la guerre soit très blâmable, la conquête de l'Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation. Les pirateries des états barbaresques, jamais combattues par le gouvernement anglais tant que leurs bateaux n'étaient pas molestés, ne pouvaient être supprimées que par la conquête de l'un de ces états. Et la conquête de l'Algérie a déjà obligé les beys de Tunis et Tripoli et même l'empereur du Maroc à prendre la route de la civilisation. Ils étaient obligés de trouver d'autres emplois pour leurs peuples que la piraterie et d'autres méthodes pour remplir leurs coffres que le tribut payé par les petits états d'Europe.
"En somme, à notre avis, c'est très heureux que ce chef arabe (Abd-el-Kader) ait été capturé. La lutte des bédouins était sans espoir et bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaud ont mené la guerre soit très blâmable, la conquête de l'Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation. Les pirateries des états barbaresques, jamais combattues par le gouvernement anglais tant que leurs bateaux n'étaient pas molestés, ne pouvaient être supprimées que par la conquête de l'un de ces états. Et la conquête de l'Algérie a déjà obligé les beys de Tunis et Tripoli et même l'empereur du Maroc à prendre la route de la civilisation. Ils étaient obligés de trouver d'autres emplois pour leurs peuples que la piraterie et d'autres méthodes pour remplir leurs coffres que le tribut payé par les petits états d'Europe.
Si nous pouvons
regretter que la liberté des bédouins du désert ait été détruite, nous
ne devons pas oublier que ces mêmes bédouins étaient une nation de
voleurs dont les moyens de vie principaux étaient de faire des razzias
contre leurs voisins ou contre les villages paisibles, prenant ce qu'ils
trouvaient, tuant ceux qui résistaient et vendant les prisonniers comme
esclaves.
Toutes ces nations de barbares libres paraissent très fières, nobles
et glorieuses vues de loin, mais approchez seulement et vous trouverez
que, comme les nations plus civilisées, elles sont motivées par le désir
de gain et emploient seulement des moyens plus rudes et plus cruels.
Et après tout, le bourgeois moderne avec sa civilisation, son
industrie, son ordre, ses "lumières" relatives, est préférable au
seigneur féodal ou au voleur maraudeur, avec la société barbare à
laquelle ils appartiennent".
Voilà ce que pense la plus grande référence du marxisme, qui publia les livres II et III de l'ouvrage Le Capital. Il ne s'agit pas ici de prendre le contrepied de la politique actuelle, mais de ne pas juger d'une époque avec les lunettes et les valeurs d'une autre. Il serait plus pertinent de critiquer la volonté française d'intégration des diverses peuplades au nom d'une mission civilisatrice saint-simonienne et de ne pas avoir su distinguer la Kabylie de l'Algérie, les kabyles des arabes. On croyait à l'époque que le tribalisme et les querelles ethniques étaient une garantie de l'ordre établi. Là est l'arrogance coloniale, le manque de respect envers les populations.
Il y a deux jours, une poussée de fièvre en Centrafrique et de violentes émeutes contre notre ambassade conduisent François Hollande à mobiliser puis renforcer nos troupes dans le pays. Les rebelles du mouvement Séléka progressent vers la capitale Bangui et le Président Bozizé soupçonne la France de ne pas le soutenir. Notre Président qui déteste tant le colonialisme devrait nous expliquer l'intérêt de conserver des troupes à Bangui, alors qu'elles sont présentes au Gabon et au Tchad. Mais surtout, jusqu'à quand mettrons-nous en place les dirigeants de ces pays, en sous-main, tandis que les discours les plus variés et fleuris sont prononcés sur la Françafrique de papa, le respect des peuples, la colonisation, la non-ingérence. De qui te moques-tu, François?
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