nous disait ce matin notre Président dans un langage troupier, "...c'est dur, mais on va s'en sortir ". Et pour nous rassurer, il rajoutait: "parce qu'on met tous les moyens pour ça". Qui ne dirait le contraire, en pensant à toutes ses mesures: retour pour certains à la retraite à 60 ans, embauche de 40.000 enseignants, avec ou sans les compétences adéquates, qu'importe puisqu'il ne leur sera pas demandé une amélioration du niveau des élèves, de leur capacité d'écriture sans faute ni de lecture. Aucune réduction du nombre de fonctionnaires, que ce soit à l'échelon national, régional, départemental, intercommunal, et enfin communal. Pourquoi réduire les dépenses puisque les impôts ont augmenté? Tout le monde va payer pour redresser le bateau France, et dans un esprit de justice qui est notre marque. Enfin pas les 50% qui n'en payaient pas et qui ont toute notre considération en échange de leurs bulletins de vote, ni les classes moyennes que mon premier ministre a affirmé protéger, ni les jeunes que j'aime beaucoup et à qui j'ai dédié mon quinquennat, ni les retraités qui ont bien mérité de se reposer des monstrueuses années à 1500 heures de travail, bref les autres vont payer, ceux qui ont les moyens, les riches, les ultra-riches, ces salauds qui menacent de quitter le pays après s'être engraissés sur le dos des pauvres, des sans-grades. Les banques et les entreprises aussi vont payer, ces ennemis financiers qui préfèrent le profit à l'humain, comme ils l'ont montré récemment à Florange. Le chômage, la compétitivité, le coût du travail? Je créerai une commission et prendrai des mesures, peut-être, plus tard, en 2014. C'est un peu tard, vous croyez? Vous savez que l'économie est cyclique, que la conjoncture se retournera et que l'on me remerciera de ne pas avoir tout chamboulé. Les Français n'aiment pas les réformes qui bousculent leurs habitudes, ni les grands changements. Seulement les révolutions? Oui, c'est vrai mais faut-il avoir des Robespierre, exiger des nationalisations, des réquisitions, nous n'en sommes pas là. Et la nationalité? Il est vrai que le ministre Cahuzac voudrait que l'on crée un impôt sur la nationalité. Le droit du sol pour la nationalité et le droit du sang pour la fiscalité. Je vais créer une commission. Non, pas sur M. Cahuzac, l'ancien chirurgien esthétique dont l'art capillaire n'était pas remboursé par la sécurité sociale. Je ne crois pas qu'il ait transféré tous ses dessous de table en Suisse, un si bon socialiste ne fait pas ça. Je lui accorde toute ma confiance, mais son métier est difficile, d'autant plus qu'il ne l'a pas appris. Il a prévu 0,8% de croissance en 2013, a été très arrogant avec Bruxelles qui lui enjoignait de réduire de moitié, et devra trouver de nouvelles ressources car il ne dépassera pas 0,2%.
Je vais vous laisser car je suis rentré très tard d'Alger et suis très fatigué. Je crains de ne pas être suffisamment convaincant. Par exemple, De Gaulle parlait de la France éternelle, et moi, tout à l'heure, je vous ai dit "la France, ce n'est pas fini"(Le Point). C'est vrai, c'est moins noble, mais je n'ai incarné que l'opposition toute ma vie, et sur les marchés de Tulle, il y avait moins de grandeur. Ce n'est pas facile de changer de costume. Mais votre De Gaulle, je l'ai quand même épinglé dans mon discours à Alger. Le 8 mai 1945, il était en charge de l'honneur républicain, votre De Gaulle. Comment a-t-il pu tolérer le massacre de Sétif, la répression meurtrière de l'armée française après la manifestation sanglante des autonomistes algériens? Ah bon, l'armée combattante était en Alsace et en Allemagne avec les généraux Leclerc et de Lattre, et il y avait une majorité d'indigènes dans l'armée non combattante d'Algérie (c'est un concept que j'ai développé pour l'Afghanistan, les combattants à la maison et les non combattants sur le terrain) ? Il ne faut pas chipoter. L'armée française, c'est la république, c'est nous. Et puis, ce ne sont que des mots, des excuses, pour développer un business équitable entre les pays. On construit une usine Renault chez eux et on facilite les visas pour qu'ils viennent chez les sales colonialistes. On sera gagnant à terme, soyez confiants, la courbe du chômage s'inversera fin 2013. Pour l'instant, restez en France de gré ou de force et arrêtez de critiquer, c'est déjà assez dur comme ça!
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