Horrifiée de le voir poser en marinière, sa médiatique compagne Audrey Pulvar aurait annoncé la rupture. Plus sérieusement, la croisade antimondialiste de notre apprenti ministre Arnaud Montebourg décrédibilise chaque jour davantage la France. Il n'est qu'à lire les moqueries de Boris Johnson, maire de Londres en voyage en Inde, à l'encontre de François Hollande et de son ministre, suite aux propos excessifs: "Nous ne voulons plus de Mittal en France parce qu'ils n'ont pas
respecté la France". Par de tels propos de "fou du roi", il rappelle la France révolutionnaire dans ses archaïsmes. Et
surtout, il n'a ni le costume ni les compétences pour incarner la
France. Il a commencé par le patriotisme économique, lui dont le service militaire a consisté à
rédiger les discours de ministre pour les remises de décorations. Puis,
en tant qu'avocat, son heure de gloire fut la défense de Christine
Villemin, mère du petit Gregory assassiné. Son bagout, sa fougue, son ambition, son charme aussi l'ont propulsé tôt au poste de député, à une époque où l'expertise n'est rien sans la faconde, d'où le succès des avocats en politique. Le voici aujourd'hui ministre du redressement productif, sans aucune
idée de l'industrie autre que la défense des ouvriers face aux méchants
patrons et la conservation de l'emploi et des sites industriels contre
vents et marées. Il n'a rien retenu de ses déconvenues qui ont suivi ses saillies contre la famille Peugeot. L'usine d'Aulnay fermera, et le climat économique est devenu délétère en France. S'agissant de la raffinerie de pétrole Petroplus de Petit-Couronne, qui est en liquidation depuis la faillite de la maison mère suisse, les Lybiens sont invités par notre ministre à la racheter. Il s'agit de sauver 470 emplois, dans un métier sans avenir puisqu'il y a une sur-production manifeste. Décidément, notre ministre est plus intéressé par les secteurs en détresse que par les secteurs d'avenir, et le contribuable pourrait craindre des accords occultes avec la Lybie, ne serait-ce que pour sauver la face de nos politiciens. A cet éventuel futur revers vient s'ajouter celui de la Commission de Bruxelles. Malgré les demandes du groupe Bic, très appuyées par notre ministre, la Commission a décidé, lundi 26 novembre, de ne pas renouveler les mesures antidumping sur les briquets fabriqués en Chine, bien qu'ils soient non conformes aux normes de sécurité. Aussi, le ministre va jouer son va-tout dans l'affaire Mittal, soutenu par le Président François Hollande. Le gouvernement doit à tout prix montrer sa capacité d'action et effacer la fameuse phrase de Lionel Jospin: "l’État ne peut pas tout". Phrase qui deviendra "l’État ne peut rien du tout", si le bras de fer contre Mittal est perdu. D'où le soutien de certains ténors de droite et de la presse, car le dossier est devenu purement politique. Seule la presse étrangère traite le dossier industriel.
Arnaud Montebourg menace d'une nationalisation temporaire le site de Florange pour contraindre son propriétaire à vendre l'ensemble du site et non seulement la filière liquide non rentable. M. Mittal le refuse catégoriquement, arguant que le reste du site est stratégique pour
ses activités européennes.
Le CCE extraordinaire d'ArcelorMittal convoqué à Paris lundi 19 novembre a porté sur la situation économique et industrielle de la zone "Atlantique et Lorraine", comprenant 11 hauts fourneaux, dont cinq actuellement à l'arrêt (2 à Florange, 2 à Liège, 1 à Dunkerque). L'année 2013 sera encore plus morose que l'année 2012 (-5%) et le haut fourneau n°2 de Dunkerque (à l'arrêt depuis août) ne redémarrera pas en janvier (Trends). Dunkerque, approvisionné par bateau, peut produire 7 millions de tonnes d'acier par an tandis que Florange moins compétitif produit 2,5 millions de tonnes. La messe est dite: Liège et Florange seront fermés. S'acharner à sauver Florange et 629 emplois dans un secteur industriel en décroissance compromettra le gouvernement français. Ce sera une victoire à la Pyrrhus avec un retentissement international déplorable. On nous avait promis un quinquenat serein, pacifié...
Le CCE extraordinaire d'ArcelorMittal convoqué à Paris lundi 19 novembre a porté sur la situation économique et industrielle de la zone "Atlantique et Lorraine", comprenant 11 hauts fourneaux, dont cinq actuellement à l'arrêt (2 à Florange, 2 à Liège, 1 à Dunkerque). L'année 2013 sera encore plus morose que l'année 2012 (-5%) et le haut fourneau n°2 de Dunkerque (à l'arrêt depuis août) ne redémarrera pas en janvier (Trends). Dunkerque, approvisionné par bateau, peut produire 7 millions de tonnes d'acier par an tandis que Florange moins compétitif produit 2,5 millions de tonnes. La messe est dite: Liège et Florange seront fermés. S'acharner à sauver Florange et 629 emplois dans un secteur industriel en décroissance compromettra le gouvernement français. Ce sera une victoire à la Pyrrhus avec un retentissement international déplorable. On nous avait promis un quinquenat serein, pacifié...
Arnaud Montebourg a l'air très jeune, avec sa marinière, très jeune, dix-sept ans peut-être. "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans" disait Rimbaud.
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