Il s'appelait Jimmy Savile, était une vedette de la BBC, à la tête de l'émission culte "Top of the Pops", adulé des enfants et adolescents des années 1960 aux années 1990. 50 ans d'un succès populaire tel qu'il fut anobli par la reine. Une sorte de Michel Drucker en plus loufoque, excentrique. Il est resté une icône de la BBC jusqu'à sa mort l'an dernier à 84 ans. Sir Jimmy avait crée sa propre fondation, la "Jimmy Savile Charitable Trust". Il avait beaucoup reçu de la vie, et s'employait à rendre: un humaniste à donner en exemple. Certes, en 2007, une enquête sur des agressions sexuelles avait été ouverte mais vite abandonnée par manque de preuves. L’ancienne directrice de la BBC, Janet Street-Porter, a avoué avoir
entendu parler de ce type de rumeurs concernant l’animateur, mais
n’avoir rien fait pour en apprendre plus (Paris Match). Un documentaire récent diffusé sur ITV a mis le feu aux poudres. Cinq femmes y racontaient avoir été abusées par le disk jockey et
animateur phare de la BBC alors qu’elles n’avaient pas 16 ans. Depuis, la parole a été libérée, et 300 plaintes de victimes supposées de Jimmy et de ses proches sont déposées. Le scandale est tel que le Premier ministre David Cameron a
demandé une enquête policière: 30 inspecteurs de la Metropolitan Police travaille à temps plein à cette "opération Yewtree" (Le Figaro). La BBC est en première ligne car elle aurait déprogrammé une émission sur Jimmy en 2011 évoquant des révélations "choquantes", dont certaines se seraient déroulées dans ses propres locaux. Plus grave, dans le cadre de ses
activités caritatives, Sir Jimmy Savile disposait d'une chambre dans deux hôpitaux du pays et d'un logement
dans l'hôpital psychiatrique de Broadmoor (Le Monde). Le réseau pédophile est évoqué, d'autant plus qu'avec la complicité du directeur d’une école de Duncroft, dans le Surrey, Jimmy faisait faire des tours de Rolls-Royce aux jeunes élèves punies le dimanche, en échange de... L'abus de position dominante dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les studios de la BBC est confirmé par de trop nombreux témoignages: Sir Jimmy a été un redoutable prédateur sexuel pendant 50 ans en toute impunité, grâce à de nombreuses complicités qui en ont profité aussi. Les plaintes ont été étouffées, ou découragées par l'usuelle réponse de l'adulte naïf, ou pervers, à l'enfant: "Ne sois pas stupide. Ne dis pas des choses comme ça" (Paris Match).
Hier se jouait au théâtre de la Monnaie à Bruxelles l'opéra d'Alban Berg, Lulu. C'est l'histoire de l’ascension d'une femme puis sa déchéance. L'ascension est due à sa beauté ravageuse, les hommes se tuent pour elle. Sa déchéance est due à la chute d'une action en bourse qui la pousse à la prostitution avant qu'elle ne finisse sous les coups de Jack l'éventreur. Certains y voient la description d'une société malade de sa modernité, d'autres y lisent le texte imbécile d'un écrivain malade, qui n'a pas grande considération pour les femmes. Les chanteurs étaient remarquables pour nous faire supporter quatre heures de musique dodécaphonique. Mais la mise en scène de Krzysztof Warlikowski mérite d'être dénoncée. Il fallait s'attendre à une débauche de gestes obscènes, mains ou bouches sur les sexes, très appuyés, jambes écartées continûment pour que le public bourgeois comprenne bien qu'on est dans le hard, pas dans la suggestion ni l'érotisme. Bref, le sexe vu par d'incultes barbares. Ce ne serait rien si ces défoulements restaient entre adultes. Car pour agrémenter le spectacle, une troupe de jeunes enfants et adolescentes font des pas de danse et se meuvent dans l'obscénité régnante. Puis au troisième acte, en fond d'écran, un figurant déguisé en drag queen déshabille, puis rhabille avec lenteur une à une ces jeunes adolescentes contraintes à se coiffer en permanence et jouer les Lolita. On ne peut éviter de penser à Sir Jimmy, et aux dérives où l'abus de position dominante peut conduire lors des nombreuses répétitions. "Allez, Ne sois pas stupide. Tu veux jouer au grand théâtre de la Monnaie. Tu veux être célèbre?" Tout ça pour satisfaire un metteur en scène malsain et ses amis, ou être résolument moderne, comme le disait Rimbaud, dans le pays de Marc Dutroux. Allez messieurs les pédophiles, sous couvert de l'art, vous avez encore de beaux jours devant vous. Le pédophile notoire, Sir Jimmy, peut dormir tranquille.

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