I'm not dangerous

Semaine dense pour les acteurs à Hollywood, ou pour les nôtres en campagne électorale. Mais tout d'abord, une triste nouvelle qui rafraichit: un grutier de Namur chargé de détruire une maison, se trompe et en détruit une autre. "J'ai pris un coup. C'est pas facile à assumer". Et pour le propriétaire? L'interview est irrésistible. Le même jour à Bruxelles s'ouvre Batibouw 2012, le salon international  du bâtiment, de la construction et de la rénovation. Le stand d'une entreprise s'effondre et fait deux blessés. Quelle publicité!
La grande nouvelle des journalistes est le retour de Syrie de leur consœur blessée. Avion spécial, accueil du Président, caméras, reportages, retour de l'enfer, "ce sont des héros"... Ici radio Paris, les journalistes parlent aux journalistes. On se croit revenu à la guerre d'Espagne, les visites organisées des journalistes auprès des républicains, mais on sait depuis qu'il n'y avait pas le camp des bourreaux et celui des victimes. Ne pourrait-il y avoir des journalistes qui filment la guerre du côté de l'armée syrienne? Le droit d'informer est-il réservé aux insurgés? Et s'il est vrai que les méchants sont les gouvernementaux, ce serait moins dangereux de les filmer de l'intérieur.
Pour Dominique de Villepin aussi, c'est difficile à assumer. Il n'arrête pas de tourner de ville en ville, dans une indifférence générale. "La défaite en chantant", titre Le Point, pour celui qui n'a jamais rien eu à dire de concret mais qui présente si bien la vacuité dans sa splendeur. Semaine difficile aussi pour Nicolas Sarkozy qui stagne dans les sondages et qui est chahuté à Bayonne. Plus il est bas dans les sondages et moins il a de hauteur. Tant de candidats et personne qui ne fédère. L'année du non-choix.
"I'm not dangerous", disait-il sur un quai de Saint Pancras. Notre favori Hollande, que les chefs d'État voisins boycottent (Le Monde), rassurait les Londoniens, tout en montrant sa maitrise de la langue internationale. Qu'apprennent-ils à l'ENA, quand on constate le niveau lamentable en anglais et en économie? Notre candidat était là pour rassurer financiers et expatriés, après ses déclarations improvisées sur la confiscation à 75% des revenus supérieurs à un million d'euros. De l'inconstance à l'inconsistance. Il visait les méchants patrons du CAC40 et il va surtout épingler les footballeurs et Jean Dujardin. Toutes les caméras étaient tournées vers ce dernier, les Français en haleine attendaient qu'il soit oscarisé, récompensé pour son œuvre aussi bien que pour son dernier film. Le pays est très fier de lui et maintenant, crac, on va pouvoir lui prendre 75% de ce que le prestige mondial lui accordera. Si au moins les pauvres étaient moins pauvres, ou si la dette diminuait!
Il n'a pas démagogiquement tort, François Hollande, car 61% du pays lui donne raison. Il faut dire que 50% des foyers fiscaux ne payent pas d'impôts, ce qui équivaut à 60% de la population française. La statistique est donc logique. Un sondage des gens fortunés auraient aussi révélé que 100% d'entre eux étaient contre un impôt confiscatoire, autre sondage qui n'aurait eu guère de sens. Il convient de rappeler que la nouvelle Constitution de 1791 instaura un suffrage censitaire, qui réservait le droit de vote à 4 millions de citoyens actifs. Le droit de vote n'était accordé qu'à ceux qui payaient un impôt. Demander à ceux qui ne le payent pas ce qu'ils pensent de ce que devraient payer les autres est facétieux. "Ouah, putain, génial, merci!" disait notre populaire Jean Dujardin en recevant l'oscar, "I love you, I love your country". Si les socialistes continuent à harceler ceux qui réussissent, il va l'aimer au point d'y devenir résident fiscal. Quand aux managers du CAC 40 visés par la mesurette, ils sauront s'en accomoder. Ils ont appris depuis quelques années comment se servir abondamment dans les caisses des sociétés qui ne leur appartiennent pas. Ali Baba et les 40 voleurs. "I'm not dangerous", disait Ali-Baba.    

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