Elle sollicite, elle quémande, elle s'emporte, s'indigne, proteste, se lamente car elle a du mal à acquérir ses 500 signatures. Déni de démocratie, geint tous les jours et sur tous les médias celle qui prétend représenter 20% des Français, et cette longue plainte dénature la campagne de Marine Le Pen qui demande l'anonymat des parrainages. Le Conseil constitutionnel se prononcera mardi sur la loi imposant de rendre publics les 500 parrainages d'élus nécessaires pour concourir à la présidentielle. Mais un peu d'histoire: lorsque De Gaulle décide d'instaurer l'élection présidentielle au suffrage universel en 1962, il lui importe d'écarter toute candidature fantaisiste. Une obligation d'obtenir 100 signatures d'élus est instaurée. L'augmentation du nombre de candidats (6 en 1965, 7 en 1969, 12 en 1974) ajoutée à l'équité du temps de parole entre les candidats stérilisent le débat. Aussi en 1976, une réforme des parrainages est entreprise, portant son minimum à 500 signatures d'élus provenant d'au moins 30 départements différents. Cette réforme empêchera Jean-Marie Le Pen de se présenter en 1981 et dissuadera Coluche. Mais si le le filtrage des candidats reste nécessaire, ce système destiné à limiter le nombre de prétendants a atteint ses limites en 2002, année record avec 16 candidats officiels. Depuis, les grands partis font pression sur les élus pour qu'ils n'accordent par leurs parrainages aux petits candidats, et la mauvaise réputation du Front national soumet les maires qui le parrainent à la vindicte populaire. Le journal du centre, La Montagne, raconte les tribulations de maires qui avaient parrainé par esprit démocratique, et qui ne le referont plus. L'animosité suscitée par ce parti auprès d'une partie de la population paralyse les élus et rend injuste le système de présélection. En attendant de le réformer, Marine Le Pen devra vivre avec ce système. Il est en effet peu probable que l'anonymat des parrainages qu'elle réclame soit adopté cette semaine par le Conseil constitutionnel, en une époque où les Français revendiquent la transparence. Mais il va falloir apprendre aux Français la tolérance. Dans un pays où peuvent s'exprimer les "petits partis", les chasseurs, les défenseurs des animaux, chaque sous-tendance du trotskisme, que le Front national soit encore banni de certaines émissions de télévision est honteux. Les Ruquier et Drucker (qui gagnent deux fois le salaire du Président pour leur émission sur FR2) se sont appropriés le service public et refusent d'inviter Marine Le Pen, la répudiée de la République. Ce scandale ni leurs salaires ne choquent les Français si épris d'égalité. Comment s'étonner que Marine ne puisse réunir 500 des 47000 potentielles signatures quand l'exemple vient de si haut? De même, rappelons-nous que les syndicats FO et CGT ont exclu des encartés au Front National au nom de "valeurs" des confédérations incompatibles avec les thèses du FN. Sont-ce les valeurs de Staline que revendiquent nos derniers communistes, la tolérance, le sens de l'écoute, l'altérité ? Quand à Marine Le Pen et surtout ses affidés, s'ils cessaient de provoquer et de festoyer avec les nostalgiques du III° reich, ils auraient beaucoup moins de difficultés à séduire1% des élus.
Démocratie se marie avec tolérance, et les Français de tous bords ont encore du chemin à faire. En attendant le 16 mars 2012, date de dépôt des signatures au Conseil, il n'y a aucune raison de changer les règles. Ce sont les esprits qu'il faut changer, et les comportements. et cela doit commencer par l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections locales.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire