La viande halal

Prenez un beau reportage d'"Envoyé spécial", faire réduire pour ne garder qu'une idée force, mettez une louche de provocation, un zeste d'imprécision, une grande cuillère d'ignorance, une pincée de mauvaise foi, portez à ébullition sur feu vif, faites flamber puis étalez sur des tartines de médias. N'ajoutez pas de sauce, les convives s'en chargent. Vous obtenez ainsi une magnifique polémique où tout le monde s'exprime et personne ne s'entend. Incompétence et perfidie entravent toute recherche de consensus. Revenons à l'historique. Un reportage sur France2 indique que les abattoirs de la région parisienne "abattent tous selon le rite musulman, donc 100% de l'abattage est halal en Ile-de-France". Ils ne sont que trois, et cet abattage ne fournit que 2,5% de la consommation parisienne. Marine Le Pen exagère en disant que toute viande distribuée en Ile-de-France est halal. Le gouvernement s'insurge et rappelle que la viande distribuée en Ile-de-France provient "essentiellement du marché de Rungis", ravitaillé de toutes les provinces. C'est aussi vrai, mais il y a des abattages halal en province. Marine Le Pen insiste alors: "60% de la viande issue d'animaux abattus selon le rite musulman (halal) et plus de 70% de la viande issue du rite juif (casher) se retrouvent dans le circuit classique à l'insu des consommateurs". Le ministre de l'agriculture dément: "Il n'y a pas 60% de viande halal en France" a-t-il dit, précisant que "le chiffre exact, c'est 14%". On finit par approcher la vérité. Il est donc vrai qu'il y a une surproduction de halal en France, un manque de traçabilité pour écouler les excédents, et une acceptation des rituels religieux dans les abattoirs sans consentement ni légalité.
Le bien-être des animaux est considéré par Bruxelles comme une valeur communautaire. La protection des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort est couverte par la législation communautaire depuis 1974 et a été considérablement renforcée par la directive 93/119/CE. Les animaux vertébrés sont des êtres sensibles et les exploitants doivent prendre les mesures nécessaires pour éviter la douleur et atténuer autant que possible la détresse et la souffrance des animaux pendant l’abattage ou la mise à mort. S'agissant des bovins, l'étourdissement est préconisé: tout procédé qui provoque une perte de conscience et de sensibilité sans douleur. Dans le rituel halal et casher, la loi de Dieu prime sur les lois européennes et la bête est saignée sans être étourdie, des prières sont dites pour justifier la ponction d'une dîme, et les bêtes doivent être orientées vers La Mecque, ou vers Jérusalem, ce qui n'est pas très différent vu de Bar le Duc. Si les catholiques avaient été plus malins, ils auraient crée un rituel équivalent lors de la fermentation du pain, instaurant ainsi un racket très lucratif. Mais nos amis socialistes l'auraient dénoncé dès 1905, alors qu'ils sont bien silencieux aujourd'hui avec l'Islam et le Judaïsme. Pis, Brigitte Bardot a été condamnée plusieurs fois pour incitation à la haine quand elle dénonçait le rituel halal et la boucherie de l'Eid-el-Kabir. A l'occasion de cette fête, la Commission européenne a reconnu que les conditions d'abattage des animaux en France n'étaient pas acceptables et considéré que les autorités françaises devaient trouver une solution pratique au problème de la capacité d'abattage.
N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, le problème soulevé par Marine Le Pen est patent et devra être résolu. Les lois sur le bien-être des animaux doivent être appliquées, elles sont la marque de notre civilisation (l'abattage rituel est interdit en Suisse, Suède, Norvège et Islande, restreint en Allemagne et Autriche). Le racket des imams et des rabbins pour chaque kilo de viande béni n'est qu'un denier du culte déguisé que ne doivent pas payer les infidèles. La tolérance à cette irruption du religieux dans notre état laïque n'est pas acceptable.   

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