Education moderne

A Toulouse, le conseil des maîtres d'une école élémentaire vient d'instaurer "un carré d'isolement" pour les élèves perturbateurs. Les élèves punis doivent rester dans ce carré de 2 mètres de coté pendant les récréations, sans parler ni échanger avec les autres élèves. Deux élèves du primaire jugés trop turbulents et "instables" ont été punis de trois jours de ce fameux carré. La mère d'un élève puni a considéré la punition "humiliante" et "disproportionnée". Elle a retiré de l'école pour trois jours son fils, qu'elle sait "gentil et fragile". A une époque pas si lointaine, l'enfant était au piquet, un carré de 20 centimètres de coté, et les parents doublaient la punition à la maison. Le syndicat gauchiste des parents d'élèves (FCPE) a soutenu la mère: "c'est une punition qui est très vexante et n'apporte rien du tout sur le plan éducatif". S'ils le disent, ce doit être vrai...
En Bretagne, Julien, 8 ans, vient d'être exclu pour trois semaines de l'école. "Je dis des gros mots, je tape, je crache" dit-il résolument au journaliste. Sa mère s'insurge: on ne peut se contenter "d’éjecter un enfant, au prétexte qu’il ne rentre plus dans le moule". "Il n’a plus de repère le matin pour se lever : il doit aller à l’école", rajoute-t-elle, car sans école, elle n'a aucune raison de le contraindre à se lever...
Encore ces jours-ci, en Bretagne près de Brest, une école publique maternelle et élémentaire de 215 élèves vient de publier un règlement: "les élèves ne sont pas autorisés à: venir maquillés à l'école (hors carnaval), porter des talons, des jupes ou shorts courts (mi-cuisses), des chaussures de plage..." Ce règlement contre les vêtements jugés indécents ou dangereux pour les enfants du primaire a été voté à l'unanimité par le conseil d'école, qui souhaite que les enfants restent des enfants, et que les petites filles de CM2 cessent de se déguiser en femmes. Mais voilà! Vanessa, mère de quatre filles, dont deux dans l'école, a été choquée: "c'est du sexisme, une atteinte à la liberté des femmes". L'inspection académique du Finistère, saisie du dossier, a entendu le mécontentement de la mère, et demandé que le règlement de l'école soit revu et moins détaillé. 
Que la mère protège son enfant, le fruit de sa chair, semble naturel. Même la maman d'Hitler aimait son fils et le trouvait très gentil. Mais dans ces trois cas récents, relevés au hasard, le refus de la contrainte est notoire, la protection excessive, et la surprise vient du fait qu'il y ait toujours une association, un groupe, une inspection pour être à l'écoute d'une récrimination. Les cas extrêmes de la courbe de Gauss sont toujours médiatiques et mobilisateurs, ce qui reste une injustice. Le philosophe Alain rappelait que ce sont toujours les méchants qui gagnent, dans la mesure où ils nécessitent beaucoup plus d'attentions et d'égards. Mais il rappelait aussi que la vertu est le pouvoir de soi sur soi. Et ce pouvoir sur soi ne peut se constituer que par la contrainte de soi sur soi, et lorsqu'on est enfant, du maître ou des parents sur soi. Imaginer éduquer sur base de préventif sans punitif est chimérique. 
Cette démission devant les enfants "turbulents" est paradoxale dans une époque où les valeurs de  vivre ensemble, de solidarité, de partage, de justice, n'ont jamais autant été glorifiées (voir sondages). Certes la peur des règlements, lobbies et hommes de lois a incliné au laxisme mais surtout le fameux "nul n'est méchant volontairement" de Socrate a bien mal été interprété. Relisons Alain: "le méchant n’est pas celui qui se trompe, c’est celui qui se laisse emporter, celui qui s’abandonne au lieu de se conduire, celui, autrement dit, qui échoue à vouloir". En attendant, ce sont les adultes qui échouent à vouloir éduquer.

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