Le problème grec ne sera pas résolu par la désignation de responsables. Droite et gauche se sont succédées pour participer à un endettement abyssal, mais en cette période pré-électorale en France, il est bon de rappeller quelques vérités. Georges Papandréou, leader du parti socialiste grec (PASOK), petit-fils et fils de Premier ministre, a accédé au pouvoir sur un programme expansionniste modéré: "il y a de l’argent", disait-il, pour la distribution aux plus démunis, ce que répète si souvent M. Mélenchon. Sa stratégie est exposée sur le site La revue socialiste du 5 octobre 2010: changement radical des structures administratives dans la perspective d’un État efficace et "transparent", débarrassé du clientélisme et de la corruption. Une pièce maîtresse dans ce dispositif programmatique fut le thème de "croissance verte". Le "nouveau patriotisme", aux accents cosmopolites et antiracistes, a fait aussi partie du dispositif de la victoire. Trois mois après son accession au pouvoir et par la bouche de son Premier ministre, le gouvernement affirmait encore que la promesse d'augmenter les salaires des fonctionnaires restait valable, que les dépenses pour l'éducation et les investissements publics seraient augmentés et que, bien entendu, "il n'était pas question de recours au FMI" (www.PASOK.gr, 13 janvier 2010). Ne prenant pas la mesure du problème, piégé par son diagnostic initialement erroné de la situation, le PASOK n'a pas vu venir l'orage et a tardé à recourir au mécanisme de sauvetage. Les conquêtes sociales de générations sont en train d’être balayées. La Revue socialiste n'est pas tendre dans ses conclusions: "Le PASOK a largement contribué à la culture du gaspillage, du chaos administratif et du conservatisme. (Les ultimes porte-parole de cette culture du conservatisme sont les syndicats du secteur public, dixit)... A l'intersection de la culture populiste et de la culture "gauche caviar", à l'intersection d'une social-démocratie de gauche et d'une social-démocratie de droite, à l'intersection d'une stratégie nationaliste et d'une stratégie cosmopolite, à l'intersection aussi de la culture underdog et de la culture moderne, il les a toutes servies, il les a aussi toutes trahies".
François Hollande inaugurait ce week end le salon du livre de Brive-la-Gaillarde. Puissent ses amis lui recommander la lecture du site susmentionné, écrit par des amis socialistes! Il y a tant de similitudes entre son parti, son programme et le PASOK, mais il sait que son programme est à revisiter, voire à reconstruire, et c'est notre espoir.
A tous les journalistes qui rappellent que François Hollande était sur ses terres en Corrèze, doit-on rappeler qu'il s'est parachuté à 47 ans sur ces terres. Né à Rouen, il suivra sa famille à Neuilly-sur-Seine lorsqu'il avait quatorze ans. Peut-être sa raison pour ne pas aimer les riches?

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