Le monde vient de franchir ce jour le cap des 7 milliards d'habitants, selon les estimations de l'ONU. Le sept milliardième homme est une petite Philippine dénommée Danica, titre revendiqué par d'autres pays mais qu'importe! Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon n'a pas manifesté de joie particulière, plutôt de la gravité: "ce n'est pas une simple affaire de chiffre. C'est une histoire humaine. Sept milliards de personnes ont besoin de nourriture. D'énergie. D'offres intéressantes en matière d'emplois et d'éducation. De droits et de liberté..." Le message qu'il apportera au G20 la semaine prochaine est contrasté: les dirigeants du monde doivent s'attendre à davantage de révoltes. Les médias français (Figaro, Express, Point, Le Monde, TF1...) étaient optimistes et n'ont cessé de diffuser le message de l'INED, l'institut national d'études démographiques, qui affirme contre vents et marées que la population mondiale se stabilisera à 10 milliards d'habitants en 2100. Le Figaro a même publié la courbe jointe, fruit du travail de l'INED qui montre qu'en trichant un peu sur les échelles, tout est possible. Qui peut penser que la pente douce représentée correspond à une croissance de 3 milliards d'habitants en 24 ans, un doublement de la population mondiale en 30 ans, une croissance annuelle de 80 millions? Pour comparaison, rappelons que la terrible guerre mondiale a fait 62 millions de morts en cinq ans. Qui peut croire au concept de "transition démographique", processus théorique qui consiste à réduire le nombre de naissances pour un équilibre de population, quand on sait qu'aujourd'hui 43% des humains ont moins de 25 ans? Les problèmes matériels posés par la surpopulation paraissent insolubles mais ils sont aussi moraux, il s'agit de la vie humaine. Le Pape le rappelait récemment, et ce ne sont pas les polygames musulmans qui le contrediront.
Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a présenté la semaine dernière son rapport annuel sur l'état de la population mondiale en 2011, qui n'est pas aussi optimiste que les média ont bien voulu le dire. Il prévoit une population mondiale de 9,3 milliards d’habitants en 2050 et de plus 10 milliards d’ici la fin de notre siècle, ce scénario étant fondé sur l’hypothèse théorique et hardie d’une baisse progressive des taux de fécondité jusqu'à atteindre 1,8 qui est le taux d'équilibre. Mais il rajoute, et c'est une première, que ce total de 10 milliards "avec une petite variation seulement de la fécondité, en particulier dans les pays les plus peuplés, pourrait être plus grand: la Terre pourrait compter 10,6 milliards d’habitants en 2050 et plus de 15 milliards en 2100". Aucun média n'a voulu commenter cette mauvaise nouvelle, à l'exception du journal Le Monde dans sa rubrique "planète". C'est en effet une mauvaise nouvelle car l'agriculture devra doubler sa production en 30 ans, et le manque d'eau en sera un obstacle dirimant. Le rapport indique: "le monde devra faire face à un déficit de 40% (d'eau) entre les demandes et les ressources disponibles d'ici 2030", et il rappelle également qu'il faut actuellement dix-huit mois à la Terre pour régénérer les ressources naturelles utilisées en une seule année. La demande de ressources planétaires est supérieure à l'offre renouvelable, provoquant la catastrophe malthusienne. (En 1798, Thomas Malthus remarque que les espèces vivantes tendent à avoir une croissance exponentielle alors que les ressources ne peuvent croître de la même façon. Il en déduit qu'une catastrophe démographique est inévitable à moins d'empêcher la population de croître).
La population mondiale atteindra les dix milliards en 2050 et poursuivra sa croissance, entrainant de profondes mutations et désordres. Pourquoi l'INED, et tous les médias français refusent-ils ce constat et continuent-ils de se rassurer avec de vieilles hypothèses abracadabrantesques? Ont-ils encore besoin d'une nouvelle ligne Maginot pour vivre sereins et continuer à croire à un monde fraternels de bisounours? Croissez et multipliez-vous est passé de mode. Cette observance biblique nous conduira au chaos.

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