L'irrégularité passagère de ce blog n'est pas due à une défaillance, ni à un manque de matières que les agitations humaines dans la turbulence planétaire fournissent ad libitum. Par exemple, la maladie d'Alzheimer de Jacques Chirac, qu'il est interdit de nommer pour donner crédit au deuxième tome de ses mémoires tout autant qu'à sa position au conseil constitutionnel, méritait un billet d'humour, qui aurait tranché avec les commentaires revanchards de députés bien portants. Mais comment ne pas revenir sur les programmes éducatifs consacrés à "nos chères têtes blondes", vieille expression utilisée du temps où prêt-à-penser et stigmatisation n'étaient pas en vogue. Non pas sur les 10% du temps consacré à la connaissance de la culture du Mali, alors que des pans entiers de notre histoire seront occultés par manque de temps. Qui croit à l'efficacité de ces réformes, avec des professeurs aussi ignorants que leurs élèves en ces matières. Cela rappelle l'enseignement de l'anglais dans le sud de la France, avec des professeurs à l'accent prononcé... de Barcelone. C'était une autre époque, mais l'actuelle ne manque pas de sel avec l'enseignement des gender studies à science-po, rendu obligatoire par son directeur, Richard Decoing. Il s'inquiète de la polémique soulevée par 80 députés contre cet enseignement dit scientifique dès la classe de 1° et les juge réactionnaires, ou populaires. Il prétexte l'égalité homme-femme et revendique la reconnaissance sociale des femmes, arguant que les rôles impartis à l'homme et la femme sont une construction de la société. Son interview donné à Libération montre une faible argumentation et une grande mauvaise foi, se référant au "deuxième sexe" de Simone de Beauvoir. Ce livre précurseur qui dénonce l'oppression des femmes avec beaucoup de pertinence déconstruit aussi l'Éternel féminin. Ne va t-elle pas trop loin quand elle renie l'instinct maternel crée par la société pour aliéner les femmes? Si c'était vrai, serions-nous 7 milliards issus de si nombreuses cultures? "On ne naît pas femme, on le devient" écrivait-elle, inspirant les adeptes de la gender théorie qui revendique la liberté, "le droit d'être moi", de se choisir en permanence et non d'être l'homme ou la femme imposé par la nature. Le sexe n'est qu'une construction sociale déterminée par la culture. On est "neutre" à la naissance, et chacun d'inventer son genre, sa vie sexuelle en fonction de ses fluctuations fantasmatiques. Pour faire court l'orientation sexuelle prime sur l'identité sexuelle, le mot "genre" remplace le mot "sexe", le mariage, la maternité et la famille sont déconstruits pour un nouveau monde revendiqué par le lobby gay: droit au mariage, droit à l'enfant, adoption, mère-porteuse, procréation médicale assistée. Nos idéologues jouent aux apprentis sorciers en subrogeant comportement en identité, procréation en sexualité, filiation en union et parentalité en parenté, et tout cela pour le bien-être d'une petite minorité. Que diraient les utilitaristes Bentham et Stuart Mill qui considéraient qu'il faut diriger pour le bonheur du plus grand nombre? Pascal Picq, du Collège de France, a répondu dans Le Monde: on naît homme ou femme, puis on fait ce qu'on veut, ou plutôt ce qu'on peut de cette nature originelle. Il était une époque où pour être intelligent, il fallait être communiste. Pour ne pas être un affreux réactionnaire de nos jours, pour être sexuellement correct, il faut accepter ces absurdités de la modernité. Ce billet était une forme personnelle de résistance: le fantasme se nourrit de l'existence mentale de deux sexes, non de l'indifférenciation.

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