Saint Barthélemy

Nous ne pouvons pas fêter le 24 août, qui rappelle tristement le massacre de la Saint Barthélemy, massacre de protestants déclenché à Paris le 24 août 1572 et qui se répandit rapidement en province. Quelques jours plus tôt, le roi Charles IX invite tous les grands du royaume au mariage de sa sœur, Marguerite de Valois, fille de la reine- mère Catherine de Médicis, avec le prince protestant Henri de Navarre, futur Henri IV. Ce mariage devait signer la réconciliation entre catholiques et protestants, et cette stratégie royale était vivement critiquée par le pape Grégoire XIII, le roi d'Espagne Philippe II et une majorité de parisiens farouchement anti-huguenots. Pour affirmer leur politique d'ouverture, le prince Gaspard de Coligny, chef des protestants, fut nommé membre du conseil royal. Un attentat imprévu contre ce dernier le 22 août mettra le feu aux poudres dans Paris. Dans la nuit du 23 août, quelques assassinats ciblés de chefs protestants se transformèrent en massacre et le roi ordonnera en vain l'arrêt de cette boucherie. Ce déferlement de violences et de haine envers tous les protestants, quel que soit l'âge, le sexe et leur fortune, s'étendra rapidement à toute la France. Le 26 août, le roi revendiqua les attentats ciblés des chefs protestants et l'histoire lui fit endosser la responsabilité des 30000 assassinats dans toute la France. Les historiens modernes ont beaucoup plus de prudence et les responsabilités de la famille royale sont moins affirmées, sauf pour Jean Teulé. Notre journaliste-romancier décrit dans son dernier livre à succès le roi Charles IX comme un fou immature, l'appelant Charlie 9. Il est mort à 23 ans, peu après ce terrible carnage, mais comment fomenter un tel complot si l'on est immature? Jean Teulé sait qu'il est plus facile de distraire que d'instruire, suivant les traces de Patrick Rambaud qui a pour anti-héros Napoléon. Récompensé du prix Goncourt pour son livre "la bataille", il y décrit la semi-victoire de Napoléon à Eylau, bataille sanglante qui fit en deux jours plus de morts que la Saint-Barthélemy. Comme Saint-Exupéry, nos romanciers actuels trouvent moins de grandeur chez nos gouvernants que conservateur de la bibliothèque de Carpentras. chez le conservateur de la bibliothèque de Carpentras.
Ce 24 août, à Tripoli, les défenseurs de Kadhafi sont les protestants d'hier. Enfermés dans la ville, encouragés par leur chef absent au combat suprême, détestés par les rebelles de la dernière heure, ils sont condamnés à être massacrés. Les haines décennales et les vengeances ne seront arrêtées par aucun décret. Pendant que toutes les diplomaties se réjouiront de la fin de la tyrannie et du renouveau libyen, des hommes, femmes, enfants vieillards vont atrocement mourir, non pour une grande cause mais pour assouvir une vengeance, une rage, une haine, une frustration populaire qui a duré si longtemps. Le sang a toujours excité les foules, la toute puissance des armes rend aveugle et n'élève pas le niveau de conscience. En souvenir du 24 août, nous espérons que les innocents seront épargnés.
conservateur de la bibliothèque de Carpentras.

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