Les riches et François Hollande

L'université d'été du PS ne porte pas bien son nom, car la teneur des discours et des propositions des candidats à la primaire relèvent plutôt du café du commerce que de la faculté, surtout quand les candidats évoquent l'affreuse chose qu'est l'argent. François Hollande vient d'en faire la démonstration en s'adressant aux riches: "qu'ils nous attendent, nous arrivons". Il a progressé depuis la dernière campagne et son fameux "je n'aime pas les riches", mais tout de même! Peut-on prendre au sérieux un candidat qui, dans l'invective, nous rappelle le merveilleux régime où il suffisait d'être traité de bourgeois pour être condamné. Or bourgeois, tout comme riche, n'a jamais été défini, ce qui autorise tout excès et vulgarité. On est toujours le riche de quelqu'un. Bref, ces envolées pitoyables de tribun démagogique promettent une campagne piteuse qui ne réconciliera pas la jeunesse avec la politique. Son ex-compagne, Ségolène Royal, évoluait dans le même registre, et une de ses premières mesures serait de faire payer Total, puis les sociétés du Cac 40. Comment équilibrer les comptes? En prenant aux riches, au nom de la justice sociale. Si au moins, ces mesures rendaient heureux tous les Français! Mais l'histoire montre qu'exciter le peuple peut le rendre incontrôlable. "Le peuple est en haut, mais la foule est en bas" écrivait Hugo, et nos socialistes semblent ne s'adresser qu'à la foule et ses bas instincts.
Pour redresser les comptes, il faut réduire les dépenses publiques, or ni droite ni gauche ne veulent s'y attaquer. Le grand débat actuel concerne la fameuse règle d'or, qui doit astreindre tout gouvernement à limiter le déficit. C'est une magnifique chausse-trappe de campagne électorale, car l'adopter n'impose pas de décliner les mesures adéquates. De même, s'inscrire au marathon de New-York ne signifie pas qu'un coureur non entraîné le finira. La France est sous surveillance des marchés, qui prêtent l'argent nécessaire à son fonctionnement, et au lieu de rétablir la confiance en prenant des mesures efficaces (il faut réduire les dépenses de 3 à 4% du PIB), nos politiciens débattent de la règle d'or. Les uns invectivent les riches, les autres taxent le coca, Disneyland et rabotent les niches. A la niche, a-t-on envie de leur crier. Ils méritent tous de retourner à l'université, et pas seulement en été. Ils savent tous les mesures qu'il faudrait prendre, mais le premier qui les dira perdra les élections. 
Le temps des élections a toujours été le temps des promesses, du rêve. Cette année, aux États-Unis comme en France, et peut-être pour la première fois, les candidats ne cherchent pas à faire rêver mais font tout pour dissiper un éventuel cauchemar, la réduction drastique des dépenses et le changement de façon de vivre qui en découlera. La droite ne sait pas le faire, par peur d'une explosion sociale, et la gauche ne veut pas le faire. Devant cette incapacité collective à nous engager dans la voie de la discipline budgétaire, les marchés finiront par nous sanctionner et à juste titre. Du centre gauche à l'extrême, le refus de l'austérité est unanime, et la sanction des agences de notation révoltante. Ils ne reste plus qu'à faire payer les riches. Dans un tel climat de grogne, comment gagner des élections sans mentir. La spirale grogne-mensonge s'amplifiera, jusqu'où? Le futur Président représentera la France, avec ses riches, ses pauvres, ses grandeurs et ses misères. Commencer par exclure avant de rassembler n'est pas digne d'un candidat. Monsieur Hollande, vous qui n'aimez pas les riches, sachant vos revenus mensuels et vos avantages en nature hors du commun, s'il vous plait, un peu de décence et de tenue.

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