L'Union Africaine (UA), créée en 2002 à Durban sous l'impulsion de Kadhafi comprend 54 membres, soit tous les pays d'Afrique moins le Maroc. Son but est d'œuvrer à la promotion de la démocratie, des droits de l'homme et du développement à travers l'Afrique. Pour faire face à la sécheresse qui frappe quelque 12 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique depuis un mois, l’UA vient enfin de réagir, non pas en envoyant des subsides, mais par l'annonce d'une conférence sur l'aide aux victimes le 9 août à Addis-Abeba. Une réaction était attendue car la communauté internationale est mobilisée par le drame qui se joue en Somalie particulièrement, où les ONG sont refoulées par des combattants moudjahidines, appelés shebabs.
Shebab est le pluriel de "jeune", en arabe. Ces proches d'Al-Qaïda, manipulés, sans programme, accusent l’ONU de mentir sur la famine et de provoquer des déplacements de populations. Ils occupent des quartiers de Mogadiscio et deux régions du sud de la Somalie: le sud de Bakoul et du Shabelle inférieur. Ils persistent à nier la gravité de la crise: «il y a une sécheresse en Somalie mais pas de famine. Ce qui est déclaré par l'ONU est faux à 100%» disait le porte-parole le 22 juillet. La famine est définie quand le taux de malnutrition aiguë est supérieur à 30% chez les enfants et que le taux de mortalité dépasse deux décès par jour pour 10000 habitants. Celui de la Somalie se situe à 7,4 pour 10000 habitants. La situation est donc dramatique, sauf chez les Shebab. Heureusement, les nombreux fonctionnaires internationaux de l'UA, grassement payés, vont se réunir la semaine prochaine.
Prendront-ils une décision, ou se fixeront-ils un calendrier de réunions? Ils ne peuvent officialiser cette organisation terroriste, ces shebab, ces fous du diable, mais doivent trouver une solution politique à l'État somalien: soit apporter un soutien inconditionnel au gouvernement fédéral de transition, qui n'a aucun pouvoir et ne dirige même pas sa capitale, soit créer un État fédéral. La Somalie est un État désintégré, qui fait la quête pour deux millions de personnes affamées et déplacées, tandis qu'une économie souterraine florissante enrichit une ploutocratie, grâce aux trafics et à la piraterie.
Pendant ce temps de disette, d'autres musulmans choisissent de jeûner, seulement le jour, car il est autorisé de se goinfrer la nuit pendant le ramadan. Comme si la purification ne devait se manifester qu'en pleine lumière, et que Dieu ne voyait pas nos vices dans l'obscurité de la nuit. A chacun son mode de vie et sa croyance, mais refuser de boire en été et en pleine chaleur pendant les 15 heures de jour n'est vraiment pas judicieux. Ces rites ont-ils d'autres buts que de souder une communauté?

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