Le Figaro nous instruit ce jour sur la différence entre la tentative de viol et l'agression sexuelle. La première est un crime, jugé aux assises, prescrit dix ans après les faits. L'autre est un délit, jugé dans un tribunal correctionnel, prescrit trois ans après les faits. La différence doit être bien grande pour passer du délit au crime. Laissons parler la justice scientifique: un viol est défini par une pénétration d'un organe du corps quel qu'il soit, sous la violence, contrainte, menace ou surprise. La tentative de viol est un commencement d'exécution d'un viol interrompu par une cause extérieure. Si l'interruption est décidée par le violeur, (remords, faiblesse passagère morale ou physique), la tentative de viol n'est plus qu'une agression sexuelle.
Les étrangers doivent être admiratifs de la finesse de la langue française et de ses législateurs, car une telle distinction demande un sens rare de la subtilité, ou hélas de l'argutie. Il suffit d'assister à une séance à l'Assemblée Nationale pour s'en convaincre. Nos braves élus se comportent comme de sales bambins mal élevés, chahutant et s'insultant sans répit, manifestant plus leurs humeurs que leurs raisons, et nous devrions croire qu'ils ont su distinguer dans ce brouhaha un crime d'un délit par la survenue d'une cause extérieure. A l'aune de cette distinction se joue l'avenir de la plainte de Tristane Banon, et aussi la crédibilité de l'institution judiciaire.
Pour clore le chapitre nauséabond des tentatives de viol de nos puissants détaillées sans égard pour les chastes oreilles des enfants, pour rappeler que ces crimes ne doivent pas être banalisés ni excusés, ayons une pensée particulière pour cette gardienne de la paix de 36 ans qui s'est jetée d'un pont à Toulouse. Elle avait été violée en 2007 à Bobigny, à la sortie du commissariat, et malgré sa mutation n'avait jamais pu sortir de sa dépression. On avait brisé sa vie pour rien, pour un pari, par défi, pour se faire du bien. Romain Gary disait que le racisme, c'est quand l'autre ne compte pas. Violer quelqu'un ou l'agresser sexuellement, c'est satisfaire une pulsion dans le mépris de l'autre, qui ne compte pas. Comment la loi peut-elle faire des différences dans des violences racistes?

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