Ce n'est pas le sérieux qui caractérise l'air du temps. Avant de parler du prix du pétrole, il nous faut faire un détour sur les résultats du bac qui sont prodigieux. Espérons qu'ils reflètent la qualité de la jeunesse! Ce ne sont pas les 85,6% de réussite à cet examen qui impressionnent mais les 34 élèves qui ont été récompensés par le ministre de l'Éducation nationale pour avoir eu 20 sur 20, voire plus. Au journal télévisé du soir était reçue une jeune lauréate, avec plus de 20 de moyenne, qui répondait avec simplicité et intelligence aux questions imbéciles du présentateur: "y avez-vous pensé" et autres balivernes. Ces jeunes esprits brillants méritent notre considération mais mériteront un plateau télévisé quand ils auront intégré Normale ou Polytechnique dans la botte. Tout de même, avoir 19 ou 20 à l'épreuve de Français ou de philosophie! Roger Martin du Gard ou Gilles Deleuze doivent se retourner dans leur tombe.
Mais le manque de sérieux se poursuit dans le débat sur le coût de l'essence. Le président du groupe Total a déclaré qu'il suivrait le cours du Brent et que les prix pourraient augmenter de 4 centimes. Il a pourtant rappelé que son groupe ne distribuait que 25% du pétrole en France, que 80% de son profit était fait sur le "secteur amont" et la presque totalité des 10,6 milliards de profit à l'étranger, personne ne l'entendait. Quelle indécence au moment des départs en vacances qu'une possible augmentation de 2 centimes (1%) alors que le prix entre deux stations varient jusqu'à 12 centimes! Et le florilège commença: Ségolène Royal prône «le blocage des prix de l'essence», Benoît Hamon fustige «l'impunité des compagnies pétrolières», assurant que «si la gauche arrive au pouvoir, ce sera une musique très différente»... « il y aura une politique fiscale qui remettra un peu de justice, un peu de décence dans tout cela.» Martine Aubry s'est dite mardi "très choquée par la décision du président de Total" de répercuter à la pompe les récentes hausses des cours du pétrole brut, jugeant indispensable de "taxer les super profits pétroliers". Elle a poursuivi son envolée lyrique: "il faut un gouvernement qui gouverne ou alors ce sont les puissants qui dirigent et aujourd'hui sur le pétrole et l'essence c'est le cas". On a froid dans le dos en pensant que ces propos sont prononcés par des candidats à la magistrature suprême. L'air du temps est-il à la démagogie, à l'incompétence? Non, disons plus gentiment, au manque de sérieux.
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