Depuis 1880, le 14 juillet est jour de fête nationale, commémorant la fête de Fédération de 1790 voulue par Lafayette. La fête nationale marque la naissance de la nation (aux États-Unis, dans beaucoup de pays africains, au Canada, en Suisse), ou commémore l'avènement d'un système politique (France, Belgique, Chine, Inde), ou est liée à la personnalité d'un souverain auquel la nation s'identifie (Pays-Bas, Luxembourg). Des esprits modernes considèrent que le sens de ces fêtes est altéré au XXI° siècle, à l'époque de la mondialisation, des forts courants migratoires, ou que ce jour devrait être consacré aux luttes des minorités assimilées, intégrées de force dans des nations. Une fête nationale sous-tend une idée de nation, et pour certains d'identité. La conception de la nation pour Fichte se détermine de façon objective par la culture, l'histoire et la langue. Pour Renan, il faut rajouter le "désir de vivre ensemble, le consentement actuel". La nécessité d'une solidarité nationale, et maintenant européenne avec la crise grecque, rend la définition d'Ernest Renan plus actuelle. Fêter ce vouloir vivre ensemble un jour par an ne paraît pas désuet.
Aux liesses populaires traditionnelles qui commémorent la fin de la monarchie absolue, la tradition française rajoute des défilés militaires. Ce jour-là, le peuple honore son armée, les anciens combattants, et Nicolas Sarkozy avait prévu de consacrer le défilé à l'Outre-Mer, aux troupes en opérations à l'étranger et aux Sapeurs pompiers qui fêtent leur bicentenaire. L'attentat-suicide qui a tué cinq soldats en Afghanistan a endeuillé le défilé des Champs-Élysées, et donné de la gravité à ce qui aurait dû être un divertissement. L'opinion publique est émue, l'opposition l'agite, et le questionnement sur la nécessité de la guerre est sur toutes les lèvres. En ce jour sacré, la nation s'inquiète du sort de ses enfants, de ses militaires auxquels il faut rendre hommage. Ils incarnent les valeurs d'exigence, de sacrifice, de don de soi, qui sont si éloignées de la république des égoïsmes. Les blessés de l'hôpital Percy, visités ce matin par le Président, ou les invalides installés aux places d'honneur du défilé, demandent à revenir dans leur régiment. Là est leur famille, leur raison de vivre. Ils obéissent aux ordres sans se demander si le conflit est juste, utile, leur intérêt privé s'efface devant l'intérêt général. Ils sont aux ordres de la Nation, et étaient fiers de défiler pour nous ce matin. Soyons fiers d'eux aujourd'hui, sans arrière pensée politicienne.
"Celui qui aime ne peine, ou s'il peine, il aime sa peine", disait Saint Augustin.
"Celui qui aime ne peine, ou s'il peine, il aime sa peine", disait Saint Augustin.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire