Pendant une semaine, au mois de juin des années impaires, le Bourget ouvre ses portes à environ 140 000 professionnels venus faire marketing ou commerce de leurs technologies présentées dans 2100 stands d'expositions, tandis qu'en fin de semaine, 200 000 visiteurs viendront rêver au spectacle des présentations statiques et en vol de140 aéronefs modernes ou mythiques. Tandis que les avions de chasse feront toujours rêver les plus jeunes par leur puissance et agilité que personne n'imaginait il y a vingt ans, le public adulte s'intéressera aussi aux avions commerciaux. Leurs exhibitions majestueuses dans un mouchoir de poche prouvent manœuvrabilité et puissance, particulièrement l'énorme A380, mais c'est surtout la compétition que se livrent Boeing et Airbus qui excitent les spectateurs, rappellant les anciennes et féroces compétitions entre Dassault, General Dynamics, Saab, Mcdonnell, Panavia... Le monde a changé, et la compétition économique passionne autant que ne le faisait la compétition guerrière il y a vingt ans, et la lutte pour l'emploi et la balance commerciale s'est substituée aux confrontations belliqueuses et nationalistes. Les nouvelles vedettes ne sont plus le Rafale mais le B787 Dreamliner, biréacteur long courrier de 200/300 places économisant 20% de carburant, mais dont le programme a trois ans de retard, l'A380 qui a cumulé deux ans de retard (555 passagers sur 15 000Km) en attente de grosses commandes, et l'A320 Neo dont le montant de 1000 commandes pourraient être atteint en fin de salon. Les Chinois sont présents sur le marché grâce/à cause des transferts de technologie, mais les besoins aéronautiques sont énormes: le nombre d'avions de ligne doit doubler dans les vingt prochaines années, soit 20 000 de plus. Le développement d'aéroports risque de ne pas suivre... Le monde n'a pas fini de changer.
EADS, maison mère d'Airbus, étudie un avion commercial révolutionnaire, supersonique, écologique: le ZEHST (« Zero Emission High Speed Transport »). Il volera dans la stratosphère, utilisant un biocarburant à base d’algues, et reliera Paris à Tokyo en 2h30. C'est une nouvelle conquête de l'espace, un projet qui doit faire rêver la jeunesse, combattre la morosité européenne et la défiance envers les techniques. Le premier vol est prévu dans dix ans. Croire à la science, à l'avenir de l'homme, espérer un autre monde meilleur a toujours été le moteur de l'homme. Il semblait disparaître avec les eurotechnosceptiques qui se défiaient de tout, qui voulaient nous apprendre à vivre recroquevillés. par amour de la nature (Deus sive natura). Grâce à ce salon de l'aéronautique et de l'espace, on peut à nouveau rêver, aimer son siècle et l'aventure humaine. Merci le Bourget et EADS

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