"Lever la loi du silence"

Lever la loi du silence, ce 15 juin! Non, nous ne parlerons pas de la restructuration de la dette grecque, mais on entend depuis quelques heures que l'agence de notation Moody's envisage de baisser les notes de trois banques françaises très exposées à la dette de l'État grec. Nous ferons silence sur la consommation élevée de poissons en France, 34 Kg/ an/personne, soit le double de la moyenne mondiale, et 22,1 Kg de moyenne européenne. A partir de ce jour et jusqu'à la fin de l'année, tous les poissons consommés en France seront pêchés en dehors des eaux communautaires. Nous ferons silence aussi sur la circulation à Bruxelles: les journaux flamands du jour publient que les automobilistes bruxellois sont confrontés aux embouteillages les plus importants d'Europe. Les files quotidiennes sont présentes sur 38,9% des routes de la capitale, en dégradation depuis l'an dernier, 37,7%, chiffre qui assurait déjà la tête du classement européen.
Aujourd'hui 15 juin, nous parlerons du sexe, de celui qu'on cache. "Lever la loi du silence", c'est le nom du collectif qui lance une campagne télévisée et internet sur un tabou, le viol conjugal. La loi du silence, cette loi tacite qui interdisait que ce qui se passait dans la chambre à coucher ne se retrouve sur la place publique. Selon une étude américaine, 30% des viols seraient commis par le conjoint, soit 25000 par an en France. Ce chiffre impressionnant pose question, la société devant toujours défendre le faible devant le fort. Il faut savoir se tenir devant les autres, ou comme aurait dit Camus, apprendre à se résister. L'éducation jésuite le dispensait, mais ils ne sont plus à la mode et aujourd'hui, l'éducation libérale relâche les libidos (billet du 7 juin). Cependant, ce collectif inquiète. Pendant 2000 ans, nos ancêtres ont vécu avec le Christ dans la chambre à coucher, ce n'est pas pour le remplacer par un juge. La transparence a des limites, et le sexe ne doit pas devenir une monnaie d'échange. Il n'est pas question ici de défendre la brutalité, la bestialité, mais les relations de couple sont trop complexes pour ne les regarder qu'à travers un prisme communautariste. Les rapports de force ne s'établissent pas qu'avec des muscles, sinon les Présidents ne seraient que des champions de boxe ou de karaté. Ou alors, il serait bon de remettre à jour l'article 215 alinéa 1 du Code civil français concernant le devoir de communauté de vie. Il a un triple objet pour les époux: la cohabitation matérielle, la communauté affective et spirituelle et l'obligation d'entretenir entre eux des rapports charnels. Il les astreint au devoir conjugal, tout en condamnant la violence. Le divorce peut être demandé quand le pacte est rompu, et dans notre régime démocratique, des aides sont données aux défavorisées. Bien que ce débat ne soit pas inutile, il faut plutôt étendre la lutte contre toutes les violences en famille, pas seulement sexuelles, avec en priorité la lutte contre l'inceste. Il ne faudrait pas que l'affaire DSK soit le prétexte d'une mise au pilori de la moitié de l'humanité par des féministes en mal d'action. 
Soyons positifs, la séduction est aussi un rapport de force, un jeu dangereux qui peut imposer à terme une contrainte...

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