La réunion des ministres des finances de la zone euro s'est terminée dans la nuit de dimanche, et le paiement de la prochaine tranche des 110 milliards promis à la Grèce serait débloqué à la mi-juillet, mais sous condition. Il serait lié "à l'adoption de législations clés sur la stratégie budgétaire et les privatisations par le Parlement grec". La rue s'agite en Grèce, et le sentiment anti-européen se développe. La jeunesse ne croit plus en son pays et rêve d'émigrer. L’opposition semble refuser le programme de rigueur proposé par le Premier Ministre qui prévoit une vague de privatisations conséquentes. Ce dernier fustige les agences de notation qui ont dégradé la note de sa dette. Le chômage a officiellement atteint 15,9 % de la population active au premier semestre, contre 11,7 % l'an dernier. En réalité, il dépasserait les 20 % et serait d'au moins 40 % chez les jeunes et les femmes. Les mesures envisagées vont aggraver la crise, et d'aucuns envisagent la sortie de l'euro pour retrouver des marges de manœuvre, sous l'œil intéressé des Marine Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon et autres eurosceptiques. La tragédie grecque est en passe de devenir la tragédie européenne. Ce peuple à qui l'occident doit tant, dont les penseurs enrichissent encore l'esprit de nos lycéens, qui a inventé la démocratie et la tragédie grecque dans son théâtre, ce peuple voit son port du Pirée et ses autres bijoux vendus à l'encan. La Chine communiste veut acheter le port du Pirée, alors que le communisme refuse la propriété privée. Dans quel nouveau monde vivons-nous?
La tragédie, c'est aussi quand tout le monde a tort. Depuis la fin euphorisante du régime des colonels, les gouvernements successifs ont laissé exploser la dette, 350 milliards d'euros: laxisme, incompétence, démagogie? La fraude fiscale est un phénomène socioculturel, l'âge de départ à la retraite le plus bas d'Europe... Les fils doivent payer les notes des pères, nous ont appris nos pères hellénistes. Mais les Grecs ne sont pas les seuls responsables. Les fonctionnaires de la communauté européenne qui ont inspecté les comptes de la Grèce pendant des années sont aussi coupables d'incompétence, en toute impunité. Le peuple paye toujours les fautes de ses fonctionnaires. Cela n'empêche pas nos députés européens de voter contre le gel de leur budget demandé par quelques leaders de pays souverains. Le budget 2011 prévoit 126,5 milliards d'euros pour les dépenses, et ils souhaitent 5% d'augmentation par an, soit 7 milliards d'euro par an, en période de disette!!! Pour augmenter les contrôles?
Au suivant! Au suivant! chantait Jacques Brel. Et tous les européens de regarder le feuilleton, car selon l'évolution, chacun de s'interroger sur le suivant, sur le devenir de l'euro, de l'Europe. Le feuilleton grec est d'une importance capitale, et les dirigeants des pays souverains ont l'occasion de reprendre le pouvoir, sur la rue et sur les banques. C'est une occasion unique. Il en va de notre devenir.

1 commentaire:
Bonjour racine15, bravo pour votre article!!! Cependant je ne crois pas me tromper en disant que ce n est pas les experts de l ue qui ont fait un point sur la situation de la Grèce mais plutôt Goldman Sachs cette chère banque a qui l on doit tant pour la précédente crise des subprime... De plus après avoir rempli leur mission ils n auraient pas respecte le chinese wall des banques d investissement et auraient spécule sur la grèce Grace aux informations recueillis par le branche consultance.....
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