Comme chaque année à Paris, la gay pride a été l'occasion pour 36 000 adeptes (selon la police) ou 500 000 en incluant les badauds (selon les organisateurs) de faire une fête haute en couleurs avec ses excentricités habituelles. Mais cette année, la marche était très politique. La toute fraîche reconnaissance du mariage gay dans l'état de New-York a galvanisé les troupes parisiennes qui saisissent la prochaine élection présidentielle pour avancer leur pion, comme l'indiquent les slogans pertinents de la marche: "Mêmes familles, mêmes droits" et "Pour l'égalité, en 2011 je marche, en 2012 je vote". Tous les partis de gauche et du centre sont favorables au mariage homosexuel et à l'adoption, et Jack Lang en personne à la manifestation l'attestait. Les sondages, dont la validité n'est pas assurée, avèreraient l'assentiment d'une majorité de Français pour le mariage gay et l'adoption. Il n'en faut pas moins pour déstabiliser la droite qui ne part pas en "pole position" dans cette course à l'investiture. La peur de ne pas gagner l'élection occulte tout argumentaire, et personne ne veut être en retard d'une guerre. Le vent semble souffler dans le sens de la libéralisation, dans des sociétés où les familles éclatées ne sont plus minoritaires. Pourtant le journal Le Monde publie au lendemain de cette marche le texte d'un collectif pour "dépénaliser l'homosexualité" dans le monde, pour qu'une résolution soit obtenue des Nations-Unies: l'homosexualité est punie par la loi dans plus de 70 pays. Peut-on parler de vent de l'histoire?
Le nombre de Pacs, instauré il y a dix ans pour officialiser l'union des couples homosexuels, explose (1 pacs pour 2 mariages en 2008 et 2 pour 3 en 2009, 3 pour 4 en 2010) au profit des couples... hétérosexuels (95% des contrats de 2008 à 2010), 5-6% seulement pour les homosexuels. Mais alors, pourquoi mènent-ils ce combat pour le mariage si le Pacs ne les séduit pas? Pour un problème d'égalité, et on ne badine pas avec l'égalité en France: l'égalité en terme d'héritage, de nationalité européenne du conjoint étranger, et d'adoption. Les droits de succession sont supprimés en cas de testament depuis 2007. La différence majeure reste donc l'adoption qui n'est pas autorisée, même en cas de décès d'un membre d'une famille homoparentale. Hors ce cas qui mérite retouche, le problème d'adoption et d'inégalité concerne surtout les hommes. Il n'existe pas de présomption de paternité lorsqu'un couple hétérosexuel pacsé a un enfant. Ce combat est donc mené par une minorité de minorité, une partie de la minorité pacsé qui souhaite adopter un enfant, soit une partie des 5%. Face à l'argument idéologique, l'argument quantitatif n'est pas prépondérant, mais le mariage dans sa forme actuelle a stabilisé les familles et les sociétés humaines depuis la préhistoire, sociétés qui ont pourtant connu les amours plurielles, l'attrait des éphèbes et souvent le mariage sans l'amour. Un changement rapide de paradigme pour une petite minorité est-il donc vraiment nécessaire? S'inscrit-il dans le devenir de l'homme ou n'est-ce q'un problème existentiel passager?
Le nombre de Pacs, instauré il y a dix ans pour officialiser l'union des couples homosexuels, explose (1 pacs pour 2 mariages en 2008 et 2 pour 3 en 2009, 3 pour 4 en 2010) au profit des couples... hétérosexuels (95% des contrats de 2008 à 2010), 5-6% seulement pour les homosexuels. Mais alors, pourquoi mènent-ils ce combat pour le mariage si le Pacs ne les séduit pas? Pour un problème d'égalité, et on ne badine pas avec l'égalité en France: l'égalité en terme d'héritage, de nationalité européenne du conjoint étranger, et d'adoption. Les droits de succession sont supprimés en cas de testament depuis 2007. La différence majeure reste donc l'adoption qui n'est pas autorisée, même en cas de décès d'un membre d'une famille homoparentale. Hors ce cas qui mérite retouche, le problème d'adoption et d'inégalité concerne surtout les hommes. Il n'existe pas de présomption de paternité lorsqu'un couple hétérosexuel pacsé a un enfant. Ce combat est donc mené par une minorité de minorité, une partie de la minorité pacsé qui souhaite adopter un enfant, soit une partie des 5%. Face à l'argument idéologique, l'argument quantitatif n'est pas prépondérant, mais le mariage dans sa forme actuelle a stabilisé les familles et les sociétés humaines depuis la préhistoire, sociétés qui ont pourtant connu les amours plurielles, l'attrait des éphèbes et souvent le mariage sans l'amour. Un changement rapide de paradigme pour une petite minorité est-il donc vraiment nécessaire? S'inscrit-il dans le devenir de l'homme ou n'est-ce q'un problème existentiel passager?
Que les jeunes impatients ne s'emportent pas contre les anciens qui résistent! Ils ne sont pas tous réactionnaires mais ont quelques préventions. Sans vouloir vexer quiconque ni faire d'amalgame, ce combat pour l'égalité rappelle le combat pour la liberté d'il y a quarante ans, qui s'inscrivait aussi dans le cadre de la modernité. En périphérie de la liberté sexuelle se situait la pédophilie. Le militantisme pédophile fut soutenu par les grands intellectuels, et quelques politiciens arrivistes en quête de mandat. Michel Foucault demanda même la reconnaissance des "sexualités périphériques". Les journaux Le Monde et Libération étaient déjà de ce combat, qui publiaient respectivement une pétition en 1979 parce que trois adultes avaient été condamnés à trois ans de prison pour "attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de 15 ans". "Trois ans pour des baisers et des caresses, ça suffit" nous disait la gauche intellectuelle. En 1979, Libération publiait sur deux jours une tribune où Jacques Dugné faisait l'apologie de la "sodomisation" d'enfants, et demandait "qu'on arrête de persécuter ceux qui aiment les enfants, même s'ils les aiment aussi avec leur corps". Le 20 juin 1981, à l'époque où la gauche croyait changer la société, Libération publiait un article intitulé "Câlins enfantins", présentant de manière complaisante le témoignage d'un pédophile sur ses rapports sexuels avec une enfant de cinq ans. "Les enfants ont aussi droit à la sexualité" disaient les pervers qui ont fini par être dénoncés par les associations féministes. Grâce leur soit rendue! Le nouveau rédacteur en chef de Libération, Nicolas Demorand, enfourche son nouveau dada, le mariage gay et l'adoption, comme ses anciens ont enfourché la libération sexuelle. N'ont-ils rien appris de ces temps-là? Sommes-nous condamnés à vivre les mêmes recommencements, à l'éternel retour de Nietzsche?

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