14 juillet 2013

C'est par un billet d'humeur que reprend vie ce blog interrompu temporairement par de nombreuses sollicitations. L'actualité française était pourtant riche et fournissait matière à disserter cyniquement ou philosophiquement pendant les dernières semaines. Il est vrai que la popularité du Président, le chômage, l'économie nationale, et même les trains déraillent. On espérait retrouver la cohésion d'un peuple à la date du 14 juillet qui inspire généralement la liesse, la solidarité et aussi le défilé militaire. Les derniers sondages montrent en effet que le pays est divisé et les Français mécontents, mais que l'image de l'armée est renforcée chez les Français tandis que l'antimilitarisme baisse (Le Figaro). Au moment où le goupillon est de plus en plus rejeté par nos sociétés occidentales, malgré le charisme du nouveau Pape, le sabre retrouve un lustre imprévu. Qui peut croire à une lame de fond si on accentue ce tralala médiatique fait autour du traditionnel défilé?
Le 12 juillet, le ministre de la Défense est venu assister aux répétitions du défilé sur les Champs-Élysées. Du jamais vu! Il était accompagné du Gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier. Ce dernier, dont le poste se justifie plus par l'héritage historique que par la charge de travail, rappelait aux journalistes que 4800 hommes et femmes au total défileraient sur les Champs-Élysées, 265 véhicules - soit 35% de moins qu'en 2012 - participeraient au défilé motorisé, 58 avions et 35 hélicoptères - 12% de moins - au défilé aérien. Un format resserré qui devrait se traduire par une économie de l'ordre de 10% à 15% par rapport à l'année dernière. Le général Hervé Charpentier concluait: "Comme tous nos concitoyens, nous faisons attention à nos dépenses". 
De qui vous moquez-vous, mon général? Vous bloquez les Champs-Élysées à plusieurs reprises avec force policiers, mettez en frais de déplacement des milliers de participants pendant plusieurs jours, mobilisez un ministre et toute sa cour le 12 juillet pour être sûr que tout sera parfait. Avez-vous fait de même en Irak, en Afghanistan, au Mali? Un militaire ne répète pas une opération de guerre, il s'entraine. S'il peut au risque de sa vie improviser sur un théâtre d'opérations inconnu, ne pensez-vous pas mon général qu'il saura se repérer sur l'avenue qu'il pratique depuis des lustres? Et s'il faut répéter le défilé au pas en rang par douze, il suffit de le faire à 17 heures dans la cour de sa caserne pendant une heure. Vous montrerez ainsi que vous faites des économies. Les militaires font un métier noble qui est dévalorisé quand on leur fait jouer les intermittents du spectacle. Tandis que les troupes en opération manquent de pièces de rechange, que terriens, marins et aviateurs se désespèrent devant les coupes budgétaires continuelles, un général inutile nous explique les fausses économies qu'il réalise. Comme certaines épouses qui reviennent chargées de paquets le jour des soldes, et expliquent toutes les économies qu'elles ont réalisées. Triste spectacle, mon général! A quand la fin de ces grotesques répétitions publiques?

Fraude et secret bancaire

Les deux derniers pays des États membres de l'Union à refuser l'échange automatique d'informations prévu dans une directive de 2003 sur l'épargne ont annoncé leur volonté de négocier la levée du secret bancaire. Le Premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, a confirmé mercredi que son pays était prêt à "l'échange automatique à partir du 1er janvier 2015". Le chancelier autrichien Werner Faymann a annonçé le même jour sa volonté de "négocier" la levée du secret bancaire pour les résidents étrangers détenteurs d'un compte sur son sol. La pression américaine n'est pas pour rien dans ce retournement qui porte un coup fatal au secret bancaire. Avec la législation FATCA ("Foreign Accounts Tax Compliance Act"), les Etats-Unis imposeront sous peu à toutes les institutions financières de la planète de leur livrer des informations sur tous les avoirs des Américains, sous peine de lourdes pénalités. Les banques et fonds qui refuseraient de coopérer verraient tous les transferts d'origine américaine taxés à 30% (Trends).
La lutte contre les paradis fiscaux a l'assentiment des populations en cette période de crise. La lutte, pour ne pas dire la guerre, contre les paradis fiscaux permettrait de dégager 2 ou 3% du PIB de ressources fiscales. Le journal De Morgen publie le résultat d'une enquête de l'université de Linz: l'économie au noir en Belgique représente en 20013 encore 16,4% du produit intérieur brut (PIB). En Allemagne, l'économie souterraine est estimée à 13% du PIB, contre 9,9% en France, 9,7% en Angleterre et à peine 9,1% aux Pays-Bas. Les pays d'Europe de l'Est affichent les pires résultats, avec une économie souterraine estimée à environ 30% du PIB en Bulgarie. 
Il reste à prouver les liens entre l'économie souterraine et les paradis fiscaux. Que représente l'évasion fiscale dans le monde? Selon le FMI, les fonds concernés se monteraient à 5.500 milliards d'euros, soit près de trois fois le PIB de la France (Trends). Il semblerait également que 50% des transactions mondiales transiteraient par des paradis fiscaux, qui compteraient 4000 banques et 2 millions de sociétés-écrans. Pour l'ONG Tax Justice Network, les sommes en jeu seraient plus importantes, atteignant jusqu’à 25 000 milliards d'euros, soit 10 fois le PIB de la France. Cela représente un tiers des ressources financières mondiales, et une somme qui pourrait générer entre 148 et 218 milliards d'euros de recettes fiscales par an dans les caisses des états du monde entier. De quoi sortir l'Europe de l'austérité. Mais nos dirigeants croient-ils réellement à ce qu'ils énoncent?
Prenons l'exemple d'un produit fabriqué en masse en Chine, à 20 centimes. Il est revendu au client final en Europe de 15 à 20 euros. Pour assurer un petit bénéfice en France après avoir payé les frais logistiques et de distribution, l'importateur doit l'acheter environ 5 à 7 euros. Aussi, il va créer une société à Hong Kong qui achètera le produit en Chine et le revendra à son autre société en France. Cet énorme bénéfice ne sera pas taxé car les Britanniques ont décidé que les sociétés Limited, (ltd) installées à Hong Kong qui revendraient des produits hors du territoire ne seraient pas taxées. Il n'y a donc que la facture qui transite par la ltd. Ce type de législation fiscale anglo-saxonne se retrouve dans beaucoup de leurs anciens comptoirs commerciaux, à Jersey et Guernesey près de chez nous. On trouve aussi des équivalences à Andorre, Lichtenstein, Delaware, etc...Est-ce de l'optimisation fiscale, de la fraude fiscale? La bataille contre les paradis fiscaux ne fait que commencer, et se fera sans le support des Britanniques. A moins que les premières mesures ne soient que de la poudre aux yeux!

Récession

Le Président nous a rassuré lors de sa conférence de presse: "la France se porte un peu mieux que le reste de la zone euro". Il est vrai que si la cinquième puissance mondiale en 2010 se compare à l'Espagne, la hausse historique de son nombre de demandeurs d’emploi 3.224.600 (catégorie A) est ridicule devant les 6 millions déclarés en Espagne. Doit-on rappeler que le nombre total de demandeurs d’emploi enregistrés à Pôle Emploi en France et dans les départements outre-mer était de 5 millions le mois dernier?
Le Monde publiait dernièrement l'article titré: Dérapage surprise de la dette et du déficit public. La dette continue d'exploser atteignant un nouveau record à 90,2% du PIB et le déficit de 2012 s'élève à 4,8%. Le ministre des finances, Pierre Moscovici de commenter: "Nous sommes sur la bonne voie, on est en train de réduire les déficits". Sous-entendu, heureusement que Sarkozy n'est plus là. Quelle merveilleuse école que l'ENA qui donne un tel aplomb à ses élèves.
Notre Président normal accumule les mauvais records : la France vient d'entrer en récession. Elle a connu deux trimestres consécutifs de croissance négative du produit intérieur brut, deux fois - 0,2%. Cette définition technique nous stigmatise, alors que l'Allemagne qui a connu un trimestre à -0,7% et le suivant à +0,1% n'est pas en récession. Est-ce suffisant pour nous rassurer
La Commission Européenne mise, dans ses prévisions économiques de printemps publiées par Le Figaro, sur une croissance légèrement négative en 2013 (-0,1%, après 0% en 2012) avant une reprise modeste en 2014 de 1,1%. Le déficit public s'établirait à 3,9% en 2013. Il resterait élevé en 2014, à 4,2%, très loin des promesses du candidat Hollande. L'endettement, qui s'est élevé à 90,2% du PIB en 2012, croîtrait pour atteindre 94,0% en 2013 et 96,2% en 2014.
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a déclaré qu'il est "raisonnable" d'accorder à la France un délai supplémentaire de deux ans pour ramener son déficit public sous la barre des 3%. Il avait été plus brutal avec Chypre. La Commission presse avec tact François Hollande de prendre des mesures: le changement, c'est maintenant. Mais celui-ci ne veut pas de réformes structurelles qui déplairaient à son électorat, ni réduire les dépenses pour sauver un modèle social aussi désuet que moribond. Nos dirigeants regardent en spectateurs immobiles la dette monter, invectivant les responsables qu'en sont la droite, Sarkozy, Merkel, l'Europe, les banques, l'austérité et le libéralisme. Peut-on parler d'austérité quand on dépense 4% de plus qu'on ne gagne?

Il est vrai que le Président français n'a pas de marge de manœuvre pour réduire le chômage. Explication technique: les gains de productivité de l'économie française sont régulièrement de 1% par an. Partant, d'une année sur l'autre, les entreprises sont capables de produire la même chose avec 1% d'emplois en moins. Donc, le seuil de croissance à partir duquel on commence à créer des emplois est supérieur à 1% par an, soit 0,25% par trimestre. Mais la hausse de la population active française en 2013 et 2014 nécessite, pour l'absorber, la création d'au moins 100 000 emplois par an. Il faut en moyenne une croissance de 1,5 %, soit environ 0,4 % par trimestre. Bien plus que l'Allemagne ou l'Italie dont la population est en déclin, la France a un besoin crucial et rapide d'un retour à la croissance. D'où les incantations lancées en conférence de presse: volonté de reprendre "l’offensive", "devoir de sortir l’Europe de la langueur", "instaurer un gouvernement économique" de la zone euro, qui se réunirait tous les mois et serait animé par un président désigné pour une durée longue. Ce gouvernement saurait faire en Europe et pour la France ce qu'on ne sait pas faire en France. Cela s'appelle "la patate chaude". Voilà le remède au moment où se développe une profonde hostilité à l’égard de l’UE. L’organisation d’enquête eurobaromètre a publié dernièrement un sondage (Alex Lantier: wsws.org) révélant une profonde hostilité à l’égard de l’UE dans six pays européens: 42% des Polonais, 53% des Italiens, 56 des Français, 59 des Allemands, 69 des Britanniques et 72% des Espagnols ont dit n’avoir aucune confiance dans l’UE en tant qu’institution. Ces pays totalisent ensemble plus de deux-tiers des 500 millions d’habitants que représente la population de l’UE.
L'héritage, ou la patate chaude, les deux grandes théories apprises à l'ENA, ainsi que savoir blablater deux heures et demi devant un parterre docile. Fidel Castro faisait mieux, six heures, tandis que son pays plongeait dans la misère. En attendant, la France s’enferre dans sa récession.

Comme le temps passe

Des semaines que ce blog n'était plus actif, des mois et même un an qu'une nouvelle gouvernance était en place, des années que Thatcher avait plongé dans le crépuscule. L'enterrement de TINA (there is no alternative) a réveillé les frustrations et les blessures profondes qu'elle a infligées aux syndicats et aux mineurs. On ne dirige ni les hommes, ni les peuples avec des certitudes, et TINA a fini par lasser même ses meilleurs amis. Mais dans une époque de crise que les nostalgiques de Trotski appellent crise du libéralisme, il est bon de rappeler quelques uns des principes de la Dame de fer: "l’État n’a aucune autre source d’argent que l’argent que les gens gagnent eux-mêmes. Si l’État souhaite dépenser plus, il ne peut le faire qu’en empruntant votre épargne ou en vous taxant davantage... L’argent public n’existe pas, il n’y a que l’argent des contribuables... Vous ne devenez pas riches en commandant un carnet de chèques à votre banque et aucune nation n’est jamais devenue plus prospère en taxant ses citoyens au-delà de leur capacité." Les reportages complaisants sur les haineux qui ont fêté sa mort ne révèlent que l'acharnement des sociaux-démocrates envers ses thèses inacceptables ou ce propos: "La prospérité ne viendra pas de l’invention de programmes de dépenses publiques de plus en plus somptueux", démentant ainsi la légende du New Deal de Roosevelt. Qui aura le cran de rappeler son inefficacité économique? Ce n'est surtout pas notre Président par défaut, qui croit aux vieux mythes tel "la relance de l'économie par la consommation". Il est vrai que de plus en plus d'économistes en herbe condamnent l'austérité, sans la définir. Que le remboursement des dettes réduise le pouvoir d'achat est un truisme, qu'il faille modérer ces remboursements pour éviter les bouleversements de vie des moins favorisés en est un autre. En déduire qu'il faut repousser ces remboursements à des temps propices et entendre cette théorie rabâchée à longueur d'onde et de temps ne montre que l'impéritie du gouvernement et de son Président, et l'inculture économique de notre population. Un an déjà que nous baignons dans les incantations. A quand le changement?
Une forte activité industrielle, qui me laisse peu de temps pour faire vivre ce blog, me témoigne chaque jour la désespérance ambiante en France, du moins dans l'industrie. Le sentiment prédominant est la peur: la peur du lendemain qui freine tout investissement et toute embauche, la peur de ne pas être payé par son client ce qui multiplie les factures pro forma. La peur du banquier qui ne voudrait prêter qu'à ceux qui n'en ont pas besoin, avec des garanties exorbitantes. La peur de perdre son emploi, qui ne stimule pas à travailler plus et mieux, qui ne réduit pas l'absentéisme, bien au contraire. Les personnels des entreprises ont compris que les 32 milliards de formation et la boite à outils ne sont que des artifices politiques inefficaces, une ligne Maginot qui n'empêchera pas l'invasion, plutôt la submersion de notre modèle social vétuste. Personne n'a le courage de l'adapter à nos moyens, et les Français attendent d'y être contraints par "l'Europe". En attendant, dans les partis extrêmes, on maudit par avance l'Europe en prônant des théories insensées sur l'euro, le rôle de l’État et des services publics, et la grandeur retrouvée de la France. Fermez le ban! Le courage de brailler pour cacher la peur. Des chimères pour retrouver une fierté de gavroche.
L'Europe nous a donné deux ans pour sortir de notre torpeur, croire en notre futur. Cessons de désespérer, de ressasser le passé, acceptons de réduire notre voilure, de nous adapter au nouveau monde. Comprenons que la crise actuelle est la crise de l'Europe qui a cessé de dominer le monde.
Comme le temps passe, se dit-on quand vient le crépuscule du soir (poème de Baudelaire):
   C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent !
   La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent
   Leur destinée et vont vers le gouffre commun ;
   L'hôpital se remplit de leurs soupirs.

François Cluzet

Après un billet sur les Intouchables, quoi de plus naturel que de parler de François Cluzet. Bon acteur, bel acteur, et comme le disait Brel, "beau et con à la fois". Mais c'est une connerie à la mode, qu'on lui pardonne car il le dit après 3 minutes d'interview: "je suis de gauche". Pas la gauche énarque, ni par idéal, par refus de l'injustice et des grandes inégalités. Non, seulement la gauche bobo sans culture. Il vient de tourner un film "11.6", comme les 11.6 millions d'euros détournés par le convoyeur de fonds Toni Musulin en 2009. 
François Cluzet n'est pas seulement acteur, il est aussi philosophe depuis qu'il a tourné dans deux films à succès et qu'il se sent à l'abri du besoin. Il est solidaire et trouve normal de payer des impôts, il est amoureux d'une nouvelle femme jeune et jolie, bref, il est sur un petit nuage et comprend la détresse des gens simples. Il explique que le film est une "enquête sur comment le type en est arrivé là" et que si le geste a été fait, c’est "à force d’humiliation". Musulin est toujours en prison et personne ne lui a parlé, mais François Cluzet sait. Il sait l'humiliation des damnés de la terre, mais pas celle des policiers qui recherchent Toni, ni de ses futurs gardiens de prison, ni d'ailleurs du caporal-chef mort au Mali pour la France, tous au même salaire. 
2,5 millions d’euros sont manquants, et l'acteur d'affirmer : "Moi je t’avoue franchement que je lui souhaite (de les avoir gardés). Il a volé une banque mais on a l’impression qu’il n’a volé personne". En 1968, à l'âge de 20 ans, dans la rue, c'était excusable. Mais à 57 ans, à France 2, c'est pitoyable. Quelques mois avant, acteur du film idiot "don't disturb", il déclare avec son beau sourire:" bien sûr, j'ai eu déjà du désir pour un homme". Il sait être à la mode, il sait adhérer à la pensée unique.
Encore un film français fortement subventionné qui élèvera les valeurs de nos jeunes têtes brunes. Un film où l'acteur est manipulé pour incarner une thèse. Un vrai film aurait exploré Toni Musulin à sa sortie de prison, recouvrant ses 2,5 M€. Milan Kundera nous l'explique bien dans son livre "l'Art du Roman". La vocation du roman, c'est l'exploration de l'être, les mille façons d'être-au-monde en tant qu'homme singulier, le Dasein d'Heidegger. Les bobos disent "c'est l'humiliation, la haine..." tandis que le romancier n'examine pas la réalité mais l'existence, il décrit un personnage qui vit, qui va au bout de sa problématique existentielle. Quand Toni Musulin retrouvera liberté et richesse, comment persévérera-t-il dans son être, quel sera son devenir parmi le champ de toutes ses possibilités? Quelle décision prendra-t-il, comment se transformera -t-elle en acte et les actes en aventure, l'aventure de sa vie? Voilà comment Kundera aurait traité le sujet, autour de l'existence, et en fils spirituel de Heidegger. Par quoi le moi peut-il être saisi? Kundera aurait approché ce Dasein, cet être-là, l'aurait observé une fois jeté dans le monde, et puis se serait effacé derrière son héros, le laissant par exemple devenir inauthentique dans une société de masse.  
Milan Kundera rappelle alors "le dictionnaire des idées reçues" de Flaubert, pamphlet contre la bêtise qu'il adapte à notre époque en écrivant: la bêtise moderne signifie non pas l'ignorance mais la non- pensée des idées reçues. La découverte flaubertienne est pour l'avenir du monde plus importante que les idées les plus bouleversantes de Marx ou Freud. Car on peut imaginer un avenir sans la lutte des classes ou sans la psychanalyse, mais pas sans la montée irrésistible des idées reçues qui, propagées par les mass-média, risquent de devenir bientôt une force qui écrasera toute pensée originale et individuelle et étouffera ainsi l'essence même de la culture européenne des Temps modernes.
L'intouchable François Cluzet a pris de l'avance.